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KYLE ROWLAND pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
lundi, 01 décembre 2025
 

Not holding back
(Little Village Foundation – 2025)
Durée 52’22 – 15 Titres

https://www.kylerowlandblues.com 

Originaire de Sacramento, Californie, Kyle Rowland est un harmoniciste, chanteur et compositeur qui incarne la vitalité du blues contemporain tout en honorant ses racines profondes. Dès l’enfance, Rowland est initié à l’harmonica par son père, qui l’emmène à dix ans chez Rick Estrin pour une première leçon. Ce moment déclenche une passion qui ne cessera de croître. Influencé par des légendes comme James Cotton, Lazy Lester, Charlie Musselwhite ou Billy Boy Arnold, Kyle Rowland développe un style personnel, à la fois respectueux des traditions et audacieusement moderne. Il fonde le groupe Rowland & Tumblin’, qui écume les festivals et les juke joints avec une énergie brute mêlant Chicago blues, Texas shuffle, soul mid-century et funk rugueux. En 2022, il signe un partenariat avec Hohner, la marque d’harmonicas mythique, et commence à enseigner son art à des centaines d’enfants à travers les États-Unis, le Mexique et Cuba. En 2024, il devient le plus jeune membre intronisé au Sacramento Blues Hall of Fame, consacrant une carrière déjà riche de plus de vingt ans de scène. Kyle Rowland revient cette fois avec « Not Holding Back », un album qui porte bien son nom, pas de retenue, pas de compromis, juste du blues pur, vibrant, et incarné. Co-produit par deux figures du genre, Rick Estrin et Kid Andersen, ce disque est porteur d’une déclaration forte, le blues est vivant, et il a du mordant. Dès l’ouverture avec « Convict No. 1 », Kyle Rowland installe une tension narrative, entre groove carcéral et confession intime. L’harmonica y est rageur, presque cinématographique. « Wishing You The Best » et « We’re Still Friends » explorent les zones grises de l’amour et de l’amitié, avec une soul vintage qui rappelle les ballades de Stax Records. Mais c’est dans les titres comme « You Got The Nerve Of A Brass Monkey » ou « Gamblin’ Blues » que Rowland lâche les chevaux avec des riffs nerveux, des cuivres moites, et une voix qui oscille entre sarcasme et tendresse. « Coffee Man » et « Stockton Boulevard » injectent une dose de quotidien, de trottoirs et de comptoirs, dans une veine presque Springsteenienne. L’album se clôt sur « This Train », une reprise gospel-blues qui sonne comme un départ vers l’inconnu, ou une promesse de retour. Le jeu d’harmonica est ici épuré, presque méditatif, comme un dernier souffle avant le silence. L’album est une célébration du blues comme langage vivant, capable de parler d’amour, de prison, de café, de rêves et de routes. Kyle Rowland ne retient rien, et c’est tant mieux.