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NICOLAS PAUGAM pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
vendredi, 05 décembre 2025
 

L’assassinat
(La Disqueuse – InOuïe Distribution – 2025)
Durée 39’23 – 9 Titres

https://www.facebook.com/nicolas.paugam 

Né à Nantes au début des 70’s, Nicolas Paugam est un auteur-compositeur-interprète et guitariste français issu d’un milieu artistique, avec une mère comédienne et un beau-père batteur amateur. Il découvre la guitare un an après la majorité, au Puy-en-Velay. Dans les années 1990, il fonde avec son frère Alexandre le groupe Les Syncop’s, bientôt rebaptisé Da Capo et signé chez Lithium en 1995. Installé à Paris, il explore le jazz manouche avec Les Frères Paugam à Meustaches avant de se lancer dans une carrière solo. Artisan de la chanson française, Paugam s’impose comme un musicien inclassable, nourri de pop sixties, jazz manouche et musique brésilienne. Sa discographie prolifique témoigne d’une curiosité insatiable et alterne albums de compositions originales et projets hybrides, toujours marqués par une voix singulière et une écriture poétique. En parallèle, il cultive une vie discrète, entre une ferme ardéchoise et des tournées intimistes, fidèle à une démarche indépendante et artisanale. Avec « L’Assassinat », son huitième album, Nicolas Paugam s’attaque à un monument, Georges Brassens. Mais loin d’un hommage figé, il choisit de tropicaliser Brassens, c’est-à-dire de réinventer ses chansons dans un univers où les rythmes brésiliens, les syncopes jazz et les couleurs cuivrées se mêlent à la verve du maître. Paru le 28 novembre dernier, l’album rassemble neuf reprises de Brassens, réarrangées avec une liberté jubilatoire. Paugam est entouré d’une équipe étonnante avec Tibo Brandalise à la batterie, Kenny Ruby à la basse, Ève Lomenech au violon et Quentin Ghomari qui apporte une trompette solaire qui donne aux morceaux des éclats tropicaux. Le résultat est une relecture à la fois vivante et audacieuse où l’on reconnaît les textes ciselés de Brassens, mais portés par une énergie nouvelle. Mais ce qui frappe, c’est que l’on entend avant tout du Paugam, avec sa voix fragile mais tenace, son goût pour les décalages rythmiques, son humour tendre et parfois absurde. Les chansons deviennent des rituels festifs, presque carnavalesques, où l’esprit libertaire de Brassens se marie à la chaleur des tropiques. Dans un paysage musical souvent saturé de relectures convenues, « L’Assassinat » se distingue par son audace esthétique et sa fidélité paradoxale. En transformant Brassens, Paugam lui rend hommage en le réinscrivant dans une tradition vivante, mouvante, populaire. C’est un album qui invite à danser autant qu’à réfléchir, à sourire autant qu’à méditer. Avec cet ouvrage, Nicolas Paugam confirme qu’il est un jardinier défricheur de la chanson française, capable de faire pousser Brassens sous des latitudes inattendues. Plus qu’un simple disque de reprises, « L’Assassinat » est une déclaration d’amour à la liberté musicale, une preuve que la chanson française peut encore surprendre, déranger et enchanter.