Accueil du portail Zicazic.com
European Blues Union


Zicazic on Twitter. Zicazic on Facebook.

Flux RSS ZICAZINE

Qu'est-ce que c'est ?

Accueil

> MENU
 Accueil
 ----------------
 Chroniques CD's
 Concerts
 Interviews
 Dossiers
 ----------------

DUWAYNE BURNSIDE pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
jeudi, 18 décembre 2025
 
Red rooster
(Lucky 13 Records – Blind Raccoon – 2025)  
Durée 39’28 – 10 Titres 
 
https://www.facebook.com/duwayneburnsidemusic

Duwayne Burnside n’a jamais eu besoin de chercher ses racines, elles étaient là, dans la terre rouge du Mississippi et dans la voix de son père, R.L. Burnside, figure mythique du Hill Country Blues. Enfant, il apprend la guitare comme on apprend à respirer, entouré de musiciens de légende tels que Junior Kimbrough. Très vite, il forge son propre style, brut, hypnotique, mais ouvert aux vents de la soul et du R&B. Dans les années 1990, il rejoint les North Mississippi Allstars, collabore avec Luther et Cody Dickinson, et enregistre pour Fat Possum Records. Mais Duwayne n’est pas seulement l’héritier d’un nom, il est également un passeur, un créateur qui refuse de figer le blues dans le passé. Sa musique est une fête, une transe, une mémoire vivante. Commencé en 2006 et attendu depuis près de vingt ans, « Red Rooster » sort enfin en décembre 2025. Et le résultat est à la hauteur de l’attente, c’est un disque incandescent, qui sonne comme une réunion de famille et d’amis autour d’un feu sacré. Dès les premières notes, on retrouve cette pulsation répétitive qui fait la force du Hill Country Blues. Les guitares tournent comme des mantras, la voix de Duwayne rugit avec une intensité qui rappelle son père, mais avec une modernité assumée. Capable de faire dialoguer les fantômes du Hill Country avec les voix du présent, Duwayne Burnside tient fermement la barre et affirme sa propre identité mais invite aussi Luther Dickinson et Jimbo Mathus à apporter leur touche fraternelle à un édifice dans lequel on remarque, entre autres, des titres comme « Down and Out », rugueux et hypnotique, un blues qui gratte la poussière du Mississippi, comme « King », audacieux, avec l’intervention rap de Cody Burnside, qui injecte une énergie urbaine dans la tradition. On soulignera encore « Mississippi Here I Come », un hymne aux racines, porté par une ferveur quasi religieuse, et enfin « Tribute », un morceau hommage, comme son titre l’indique, empreint de spiritualité et propice à relier les générations. Plus qu’un simple album, « Red Rooster » est une cérémonie, une musique de survie et de fête, qui rappelle que le blues est avant tout une expérience collective. Duwayne Burnside y prouve qu’il n’est pas seulement le fils de R.L., mais bel et bien un créateur capable de transformer les racines en flammes nouvelles. Indispensable !