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MONSEIGNEUR pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
vendredi, 19 décembre 2025
 

Je ne suis personne
(Autoproduction – 2025)
Durée 23’40 – 6 Titres

https://www.facebook.com/monseigneurmusic/ 

Créé à Liège en 2020, Monseigneur est un quartet qui a choisi de faire du rock francophone une matière vivante et indocile. Autour de Gilles Banneux au chant et à la guitare, David Diederen aux guitares, Gilles Roussel à la basse et Didier Dauvrin à la batterie, le groupe s’est forgé une identité singulière avec des riffs puissants, une écriture poétique et une volonté farouche de chanter en Français là où l’Anglais domine souvent. Leur univers est traversé par un grand écart assumé, de Led Zeppelin pour la puissance jusqu’à Alain Bashung pour la profondeur. Monseigneur ne cherche pas à séduire par la facilité, mais plutôt à créer une expérience où la musique devient miroir des paradoxes humains. Dès leurs premiers concerts, ils imposent une présence scénique habitée, oscillant entre rage et fragilité. Sorti le 26 septembre dernier, « Je ne suis personne » est bien plus qu’un premier album, c’est un cri fédérateur, une déclaration de guerre. Monseigneur y déploie un rock tendu, viscéral, où chaque morceau semble creuser la question de l’identité et du vide. Dès l’ouverture avec « Je suis (tout ce que tu bois) », le ton est donné, guitares tranchantes, voix habitée, urgence palpable. Puis viennent des respirations plus sombres, comme « Noire mon étoile », qui enveloppe l’auditeur dans une atmosphère cosmique et hypnotique. « Ventolin » halète comme une course contre le temps, tandis que « Tu ne sauras jamais » et « Renaître » explorent les thèmes de la perte et de la renaissance. Enfin, le titre éponyme, « Je ne suis personne », condense l’esprit du disque, une affirmation paradoxale, où l’anonymat devient une force. Le son est cohérent, la production brute mais efficace, les guitares sculptent des paysages denses, la rythmique maintient une tension permanente, et les textes, ciselés, rappellent que le rock peut être autant une affaire de corps que de pensée. Avec « Je ne suis personne », Monseigneur réussit à réhabiliter la puissance du rock francophone. L’album refuse les formats convenus et propose une traversée où l’énergie brute dialogue avec une écriture poétique. C’est un disque qui s’écoute autant dans la sueur d’une salle de concert que dans le silence d’une chambre, et qui place Monseigneur parmi les groupes belges les plus prometteurs de la scène actuelle, et il faut bien reconnaitre que nos voisins n’en manquent pas.