samedi, 20 décembre 2025 Seven deadly gins (Blind Raccoon – 2025) Durée 42’20 – 10 Titres
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Formé à Denver en 2017, Reckless And Blue s’est rapidement imposé comme l’un des groupes les plus prometteurs de la scène blues-rock américaine. Porté par la voix rugueuse de George Williams et l’énergie flamboyante de Shaunda Fry, le groupe revisite les racines du blues avec une intensité moderne. Autour d’eux, Steve Gaskin à la batterie, Dutch Smith à la basse et Allen Anderson aux claviers forment une section rythmique solide, taillée pour les clubs enfumés comme pour les grandes scènes. Leur premier album, « Can’t Give Me the Blues », paru en 2021, avait déjà séduit par son authenticité brute, mais c’est en 2025, après sa victoire au Colorado Blues Society Challenge, que le groupe a franchi un cap, décrochant une place à l’International Blues Challenge de Memphis. Avec leur nouvel opus, « Seven Deadly Gins », Reckless And Blue s’apprête à conquérir l’Europe, une tournée britannique étant déjà annoncée pour 2026. Avec ce nouvel effort, le quintet signe un disque qui respire la sincérité et la fougue. Dès l’ouverture avec « Come Back », la cigar box de George Williams claque sur une rythmique percussive, tandis que Shaunda Fry implore le retour de son amant. La tension dramatique est palpable, et l’on comprend immédiatement que cet album sera une plongée dans les tourments du cœur. Le morceau-titre enfonce le clou, Fry chante son chagrin noyé dans l’alcool, portée par les orgues roulants d’Allen Anderson. C’est un blues festif et désespéré, une confession qui se danse autant qu’elle se pleure. Sur « Triflin’ Blues », Williams et Fry s’affrontent dans un duel vocal, chacun reflétant la douleur de l’autre. Puis Williams prend les devants sur « Don’t Expect Me », morceau honky-tonk où il claque la porte avec insolence. Mais l’espoir revient avec « Burnin’ Daylight », où les deux voix s’unissent dans une promesse de retrouvailles. Le disque alterne ainsi entre brûlures lentes et éclats festifs, « Can’t Give Me The Blues » explore la lassitude d’un cœur trop habitué à souffrir, tandis que « Shimmy Shakin’ Blues » déploie un piano boogie-woogie irrésistible, invitant à la danse. L’ivresse revient avec « If The Blues Was Whiskey », ballade mélancolique qui réinvente un thème classique avec une intensité nouvelle. George Williams brille en solo sur « Hey Pretty Baby », porté par l’orgue d’Allen Anderson, avant que Shaunda Fry ne referme l’album avec « Stormy Night in Denver », un dernier titre enrichi de chœurs et de cuivres, qui se révèle être une pièce poignante où la pluie et la douleur se confondent dans une atmosphère presque cinématographique. Avec « Seven Deadly Gins », Reckless And Blue signent un album festif et fédérateur, capable de séduire les puristes du blues comme les amateurs de rock moderne. C’est un disque qui transforme le blues en rituel collectif, où chaque chanson devient une célébration des contradictions humaines. Un album à écouter d’une traite, verre à la main, prêt à se laisser emporter par cette ivresse musicale. |