jeudi, 01 janvier 2026 Watery grave (InOuïe Distribution – 2025) Durée 41’41 – 10 Titres
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Dans le paysage musical rennais, un nouveau nom s’impose avec force, Atrium. Fondé en 2023, le collectif s’est rapidement distingué par une identité singulière, à la croisée du militantisme et de la poésie. Porté par les voix complémentaires de Sadbh et Jeanne, Atrium transforme la scène en un espace de résistance, de mémoire et de communion. Leur démarche est claire, faire de la musique un lieu d’empouvoirement. Les textes, confiés à la poétesse irlandaise Brid Ni Chonghaile, plongent dans les zones les plus sombres de nos sociétés, violences sexuelles, dérives capitalistes, urgences écologiques, pour mieux en extraire une énergie de révolte et d’espoir. Paru en novembre dernier, « Watery Grave » est une véritable cérémonie. Encadré par les deux invocations « My Prayer I » et « My Prayer II », dédiées à la déesse Morrigan, l’album se déploie comme un cycle sacré. Chaque morceau est une pièce d’un puzzle où l’intime rejoint le collectif, où la douleur se transforme en force. « Operation Scumbag » frappe par sa frontalité, dénonçant l’impunité des puissants dans les crimes sexuels liés à Jeffrey Epstein, tandis que d’autres titres, plus contemplatifs, ouvrent des espaces de respiration, où les guitares se font aériennes et les voix s’entrelacent avec une intensité rare. L’ensemble oscille entre ballades habitées et fulgurances rock, créant une tension permanente entre colère et espérance. Ce qui fait sortir Atrium du lot, c’est cette capacité à inscrire la poésie dans le réel. Les mots de Brid Ni Chonghaile ne sont pas seulement chantés, ils deviennent des armes, portés par une musique qui refuse la complaisance. Le groupe réussit à donner une nouvelle vie à ces textes, en les inscrivant dans une esthétique sonore qui allie rugosité et beauté. Avec « Watery Grave », Atrium signe une entrée fracassante dans le paysage musical français. Ce premier album est une déclaration d’intention, celle de transformer la scène en un espace de mémoire, de lutte et de communion. Voilà un disque qui ne se contente pas de séduire l’oreille, mais qui interpelle, bouscule et invite à la résistance. |