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JULII SHARP pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
samedi, 03 janvier 2026
 

Burning line
(Only Lovers Records – Modulor – 2025)
Durée 36’42 – 10 Titres

https://www.facebook.com/juliisharpmusic 

Julii Sharp est une autrice-compositrice-interprète née sur l’île de La Réunion, où elle a passé une partie de son enfance avant de grandir dans les Hautes-Pyrénées. Son prénom lui vient d’un coquillage de l’océan Indien, symbole de ses origines maritimes et de son lien intime avec la nature. À moitié britannique par son père, elle porte en elle l’héritage du folk anglo-saxon, qu’elle mêle à des influences blues, pop et rock. Installée à Toulouse depuis ses années de lycée, elle s’est forgée une identité musicale au fil des concerts, scènes ouvertes et voyages, notamment un séjour marquant à Édimbourg. Repérée en 2022 par le Printemps de Bourges, elle s’est imposée comme une voix singulière, douce et captivante, capable de chanter aussi bien en Anglais qu’en Français. Sa musique, empreinte de liberté et d’évasion, se nourrit de ses expériences sensorielles, de ses rencontres et de ses contemplations. Après un premier EP, « Toucan », paru en 2023, Julii Sharp a franchi une nouvelle étape avec son premier album, « Burning Line », sorti en octobre. Avec cet album, la chanteuse et guitariste livre un disque qui s’impose comme une révélation dans le paysage folk-rock contemporain. Enregistré avec son groupe, Paul Couvreur aux guitares, Felix Roumier aux basses et Tristan Bocquet à la batterie, sous la houlette d’Olivier Cussac au studio La Lune Rouge, l’album déploie dix chansons d’une intensité rare. Dès l’ouverture, le tittle track installe une atmosphère élégante, entre grâce éthérée et tension électrique. Le single « Pirate in the Room » accroche immédiatement par son énergie pop-rock, rappelant les vagues luxuriantes de Ben Harper ou les audaces de Porridge Radio. Plus loin, « Balconies » invite à la contemplation, suspendu dans une délicatesse qui ne cède jamais à la mièvrerie. La force de l’album réside dans son équilibre, entre ballades intimistes comme « Phantom », qui évoque l’ombre de Leonard Cohen et les ambiances cotonneuses de Nick Drake, et des morceaux plus fiévreux où l’électricité vient embraser le folk. On y perçoit l’influence de Neil Young, notamment dans les arpèges saturés qui ferment certains titres. Mais « Burning Line » n’est pas qu’un exercice de style, c’est un disque né des épreuves. Après une année de silence marquée par des événements douloureux, Julii Sharp et ses musiciens ont transformé la peine en braises créatives. Le résultat est un album lumineux et mélancolique, où chaque chanson semble porter la mémoire d’un fantôme bienveillant. C’est une œuvre de résilience et de liberté. Julii Sharp y affirme une identité forte, entre folk anglo-saxon et pop-rock des années 1990, et s’impose comme l’une des voix les plus prometteuses de la scène française actuelle. Un disque qui ne se contente pas de séduire à la première écoute, mais qui s’installe durablement dans la mémoire, comme une ligne de feu tracée dans la nuit.