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VICTORIA ALEXANYAN pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
lundi, 19 janvier 2026
 

Vishap
(Musiques en Balade – InOuïe Distribution – 2025)
Durée 46’31 – 10 Titres

https://victoriaalexanyan.com 

Née en 1995 à Erevan, en Arménie, Victoria Alexanyan a grandi dans un environnement où la musique est omniprésente. Diplômée du Conservatoire d’Etat d’Erevan, elle est initiée au jazz par le pianiste Vahagn Hayrapetyan, mentor de Tigran Hamasyan. Très tôt, elle se passionne autant pour le folklore arménien que pour la chanson française, marquée par sa découverte d’Édith Piaf et de Charles Aznavour. Installée en France, elle poursuit ses études au Conservatoire de Lyon et fonde plusieurs formations, dont le Victoria Alexanyan Quintet, qui explore un jazz métissé, nourri de duduk arménien, de clarinette turque, de nay arabe et d’oud. Sa voix envoûtante, à la fois lyrique et puissante, devient le fil conducteur d’un univers où Orient et Occident dialoguent. L’artiste s’est produite sur des scènes prestigieuses comme le Crest Jazz Festival et l’Opéra Underground de Lyon. Son parcours illustre une quête artistique, réinventer les racines arméniennes à travers le prisme du jazz contemporain, tout en affirmant une identité profondément européenne. A paraitre le 6 février prochain chez Musique en Balade / InOuïe Distribution, « Vishap » est bien plus qu’un premier album. Le titre fait référence au dragon mythologique arménien, gardien des eaux et des mémoires, symbole de forces ancestrales qui resurgissent dans un monde en mutation. Dès les premiers morceaux de l’ouvrage, Victoria Alexanyan impose une esthétique singulière qui s’appuie sur une voix claire et habitée, portée par des arrangements où le jazz modal se mêle aux rythmes orientaux. Les compositions suivantes oscillent elles aussi entre lyrisme intimiste et puissance collective, chaque instrument devenant une voix supplémentaire dans ce récit mythologique. Le quintet, enrichi par la complicité de musiciens comme Vincent Forestier au piano, Amin Al Aiedy à l’oud et au nay, Yann Phayphet à la contrebasse et Matheo Cielsa à la batterie, crée une texture sonore riche, où les timbres traditionnels se fondent dans l’énergie du jazz contemporain. On apprécie la capacité qu’a Victoria Alexanyan à transformer la mémoire en matière vivante. Les mélodies issues du folklore ne sont jamais figées mais deviennent au contraire des tremplins vers l’improvisation, des passerelles vers des paysages sonores modernes. L’album se lit comme une fresque, un voyage entre les rives du Caucase et les clubs de jazz européens, entre l’intime et le cosmique. En réconciliant héritage et modernité, « Vishap » confirme Victoria Alexanyan comme l’une des voix les plus prometteuses du jazz métissé actuel. Voilà un premier album qui, à l’image du dragon qu’il invoque, veille et inspire.