mardi, 20 janvier 2026 Benidorm (InOuïe Distribution – 2025) Durée 44’35 – 10 Titres
https://lomla.fr
LOMLA est un groupe français émergent qui s’inscrit dans la lignée des formations rock capables de mêler urgence électrique, sens du texte et tension émotionnelle. Né d’une amitié forgée sur scène et dans les festivals indépendants, le groupe s’est construit autour d’une conviction simple, la musique doit dire quelque chose, secouer, toucher, et laisser une trace. Le nom du groupe circule d’abord dans les petites salles, les cafés-concerts et les scènes off où leur énergie brute fait rapidement parler. Très vite, on reconnaît chez eux une signature, un rock franc, direct, qui convoque l’esprit des années 90 sans jamais tomber dans la nostalgie. Les guitares sont nerveuses, les rythmiques tendues, les voix habitées. Mais derrière la rugosité, il y a toujours une profondeur, une poésie presque fragile. Le groupe s’impose progressivement comme un porte-voix d’une génération qui doute, qui s’indigne, qui rêve encore malgré tout. Les textes parlent de colère, de vide, de liberté, de routes barrées et de portes qu’on défonce. Ils racontent nos contradictions, nos blessures, nos élans. Avec « Benidorm », LOMLA signe un premier album qui s’impose comme l’une des propositions rock françaises les plus affirmées de ce début d’année. Le groupe, encore confidentiel il y a peu, franchit ici un cap décisif, celui d’une formation qui assume pleinement son héritage 90’s tout en cherchant à inscrire sa musique dans les préoccupations contemporaines. Très rapidement, « Bombes » donne le ton. Le morceau, tendu et frontal, installe un climat d’urgence qui irrigue l’ensemble du disque. LOMLA y déploie un rock nerveux, sans fioritures, porté par une écriture directe où la colère n’est jamais gratuite. Le titre « Sens interdit », qui ouvre l’album, confirme cette orientation. Plus mélodique mais tout aussi incisif, il explore les contradictions d’une génération qui avance malgré les injonctions, les limites et les impasses. LOMLA y démontre sa capacité à conjuguer efficacité rock et sens du texte, un équilibre souvent difficile à atteindre. Au centre du disque, « Benidorm », morceau-titre, fait office de pivot. C’est le titre le plus ambitieux du projet, tant par sa construction que par son propos. Le groupe y installe une montée progressive, presque narrative, qui culmine dans un final explosif. On y retrouve l’essence de LOMLA, une tension permanente entre contestation et lucidité, entre énergie brute et précision d’écriture. A l’inverse, « Esclave du vide » offre un moment de respiration. Plus introspectif, le morceau révèle une facette plus sensible du groupe, qui n’hésite pas à ralentir le tempo pour laisser affleurer une forme de fragilité. Cette alternance entre puissance et retenue donne à l’album une dynamique cohérente et maîtrisée. Sur l’ensemble du disque, LOMLA s’affirme comme un groupe qui connaît ses références mais refuse de s’y enfermer. Son rock, ancré dans une tradition française où le texte occupe une place centrale, se nourrit d’une énergie live palpable. « Benidorm » n’est pas un exercice de style, c’est le cri de guerre d’un groupe qui veut dire quelque chose, et qui le dit avec conviction. Pour un premier album, la proposition est solide, cohérente et prometteuse. LOMLA pose les bases d’une identité forte, à la fois rugueuse et réfléchie. Reste à voir comment le groupe fera évoluer cette matière sur scène et dans les projets à venir, mais une chose est sûre, « Benidorm » le place d’emblée parmi les formations à suivre de près. Dans les bacs début février ! |