jeudi, 22 janvier 2026 Jocelyn Mienniel & Les Instruments Migrateurs (Buda Musique – Socadisc – 2025) Durée 79’30 – 13 Titres
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Flûtiste, compositeur et explorateur sonore, Jocelyn Mienniel s’est imposé comme l’une des figures les plus inventives de la scène française. Formé au classique, nourri de jazz, de musiques traditionnelles et d’expérimentations électro-acoustiques, il développe depuis plusieurs années une approche singulière de la flûte, qu’il transforme en instrument polyphonique, percussif et narratif. Avec Les Instruments Migrateurs, l’artiste ouvre un nouveau chapitre. Le projet, né de rencontres et de voyages, réunit des artistes issus de traditions musicales du monde entier. L’idée est simple et puissante, faire dialoguer des instruments qui, comme les hommes, traversent les frontières, se transforment, se réinventent. Sur scène, ces migrations sonores prennent la forme de résidences mensuelles où Mienniel invite musiciens, chanteurs et improvisateurs croisés au fil de son parcours. Le premier album éponyme, à paraître chez Buda Musique, condense cette démarche. Entre compositions originales et réinterprétations de répertoires traditionnels, il propose une cartographie sensible des musiques du monde, portée par une flûte qui agit comme un fil conducteur. Un projet à la fois artistique, politique et profondément humain qui refuse les frontières. L’album s’ouvre sur un souffle clair, presque cérémoniel, avant de glisser vers des rythmes d’Afrique de l’Ouest, des mélodies persanes ou des inflexions nordiques. Rien n’est plaqué, rien n’est décoratif, chaque rencontre semble organique, comme si ces traditions avaient toujours cohabité. La force du projet tient à sa cohérence. Là où d’autres se perdent dans le patchwork, Jocelyn Mienniel tisse un récit. Sa flûte, tour à tour aérienne, percussive ou enveloppante, sert de guide dans ce voyage où les timbres se répondent sans jamais s’écraser. Les voix, les cordes et les percussions s’inscrivent dans une production sobre, précise, qui laisse respirer chaque instrument. On pense parfois à un carnet de route, parfois à un rituel. Les titres empruntés à diverses langues évoquent des lieux, des gestes, des mémoires. Mais l’album ne cherche jamais l’exotisme : il parle de circulation, de transmission, de ce que les musiques disent des peuples qui les portent. Au final, « Les Instruments Migrateurs » est un disque nécessaire, à la fois ancré dans le réel et ouvert sur le monde. Un album qui rappelle que les traditions ne sont pas des musées, mais des forces vivantes, capables de se rencontrer, de se transformer et de créer du commun. Une réussite artistique et un geste politique discret, mais puissant à découvrir dès à présent !
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