vendredi, 23 janvier 2026 If this world were mine (Made It Records – La Couveuse – 2025) Durée 19’55 – 6 Titres
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Formé à Montpellier en 2018 autour du guitariste et compositeur Denis Navarro, Deleo s’impose rapidement comme l’un des projets les plus singuliers de la scène rock alternative française. Le groupe naît d’une volonté claire, mêler l’héritage post‑punk et new wave à une écriture contemporaine, tendue et émotionnelle. Dès ses premières maquettes, Deleo attire l’attention du producteur James Sanger, qui contribue à affiner les contours d’un son à la fois sombre, mélodique et cinématographique. Le projet prend un tournant décisif avec l’arrivée d’ Emilie Domergue, chanteuse et performeuse dont la présence scénique et la signature vocale apportent une dimension plus brute et incarnée. Aux côtés de Denis Navarro, elle transforme Deleo en un duo à l’alchimie immédiatement identifiable avec des guitares nerveuses, des rythmiques tendues, une voix habitée et une production sans fioritures. Leur premier album, « The Best Is Yet To Be », reçoit un accueil favorable des médias spécialisés et généralistes, confirmant la capacité du groupe à s’inscrire dans une tradition rock tout en affirmant une identité propre. Avec leur nouvel EP, « If This World Were Mine », Deleo franchit une nouvelle étape, assumant une esthétique plus radicale et un propos plus frontal, et délivre un EP court mais dense, qui marque un virage esthétique net dans la trajectoire du duo montpelliérain. En six titres, le groupe condense l’essence de son identité, un rock tendu, direct, débarrassé de tout vernis, où la tension émotionnelle prime sur l’ornementation. La production de Philippe Uminski joue un rôle central dans cette évolution. Elle privilégie l’immédiateté, la rugosité, et met en avant l’interaction entre les guitares abrasives de Denis Navarro et la performance vocale d’Emilie Domergue, plus incisive que jamais. La chanteuse impose une présence forte, oscillant entre intensité punk et fragilité contenue, donnant à l’ensemble une dimension presque cathartique. Musicalement, l’EP navigue entre post‑punk, rock alternatif et éclats cold wave. Les compositions, resserrées et efficaces, s’appuient sur des lignes de guitare tranchantes, des rythmiques sèches et une écriture qui privilégie l’impact immédiat. L’ensemble dégage une urgence palpable, comme si chaque morceau cherchait à saisir quelque chose d’essentiel avant qu’il ne s’échappe. « If This World Were Mine » confirme que le binôme, accompagné de Fabien Bousquet à la basse et Benjamin Marmier à la batterie, a trouvé sa vitesse de croisière. Il ouvre une nouvelle phase de leur parcours, plus brute, plus directe, et potentiellement plus marquante. Un disque court, mais qui laisse une empreinte durable. |