samedi, 24 janvier 2026 Rouge artériel (At(h)ome – 2025) Durée 29’19 – 10 Titres
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Louis La Flemme, c’est le projet solo de Louis Péchinot, batteur incandescent du groupe punk-grunge Pogo Car Crash Control. Après des années à marteler les fûts dans l’un des groupes les plus explosifs de la scène rock française, il ressent le besoin d’explorer une autre facette de sa personnalité artistique, plus mélodique, plus intime, plus pop. Sous ce pseudonyme mi-sérieux mi-taquin, il s’émancipe des codes abrasifs de P3C pour bâtir un univers où la sensibilité indie-pop rencontre des éclats d’electro, de variété 80s et de rock synthétique. Son premier EP paru en 2024, « Lesinight », pose les bases de cette mue artistique. Avec « Rouge Artériel », paru à l’automne 2025, Louis signe un premier album qui ressemble à une mue, celle d’un musicien habitué à l’urgence punk qui découvre dans la pop un espace de vérité, de vulnérabilité et de jeu. Dès les premières secondes, on comprend que le musicien a laissé ses baguettes au vestiaire pour mieux saisir ce qui palpite en lui. Les dix titres du disque fonctionnent comme dix battements, dix impulsions où se croisent douceur synthétique, nerfs à vif et refrains qui s’accrochent au ciel. La production, co-signée avec Théo Chapira, est d’une modernité limpide, basses chaudes, lignes claires, éclats électro-pop qui rappellent parfois Billie Eilish, et ombres cold-wave qui évoquent Lescop. Louis navigue entre ces pôles avec une aisance surprenante, assumant une pop francophone qui ne cherche ni l’ironie ni la posture, mais la sincérité brute. On y entend les fantômes de ses totems, Weezer, Blink-182, NOFX, mais digérés, réinventés, remis au présent. « Nouveau Jour » ouvre l’album avec une mélodie qui serpente entre électro-pop et tension électrique. « Ambition » dévoile un sens du détail sonore réjouissant, tandis que « Trop Vite » file droit, presque minimaliste, mais terriblement accrocheur. On apprécie la fraîcheur du ton, une forme d’innocence assumée, presque désarmante, qui donne à chaque morceau un potentiel tubesque sans jamais sacrifier la personnalité. Louis La Flemme raconte des fragments de vie, des emballements, des doutes, des élans, et tout sonne juste. « Rouge Artériel » est un disque de transition, c’est flagrant, mais c’est surtout un disque de révélation. Louis La Flemme y trouve sa voix, son souffle, son rythme intérieur. Un premier album qui ne cherche pas à impressionner mais à toucher, et qui y parvient avec une élégance inattendue. Un artiste à suivre désormais sur sa propre orbite. |