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KIM WILSON pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
lundi, 26 janvier 2026
 

Slow burn
(M.C. Records – 2025)
Durée 54’02 – 12 Titres

https://www.facebook.com/profile.php?id=100035373202192 

Artiste incontournable sur la scène blues mondiale, Kim Wilson s’impose depuis plus de cinquante ans comme l’un des harmonicistes et chanteurs les plus expressifs de sa génération. Né en 1951 à Détroit et élevé en Californie, il forge très tôt son identité musicale au contact des maîtres du Chicago blues, dont il absorbe l’intensité émotionnelle et la rigueur stylistique. En 1974, il cofonde The Fabulous Thunderbirds, formation texane qui deviendra l’un des groupes les plus influents du blues moderne. Mélangeant énergie roots, swing texan et sens du groove, les T-Birds s’imposent sur la scène internationale. Kim Wilson en demeure aujourd’hui le seul membre fondateur encore présent, portant à bout de souffle, au sens propre comme au sens figuré, l’héritage du groupe. Parallèlement à cette aventure collective, Kim Wilson mène une carrière solo prolifique, marquée par huit albums personnels et une multitude de collaborations avec les plus grands musiciens du blues et du rock. Son jeu d’harmonica, à la fois tranchant, lyrique et profondément ancré dans la tradition, lui vaut une reconnaissance unanime. A 74 ans, il continue d’incarner une forme de fidélité absolue au blues, sans nostalgie ni concession. Son album « Slow Burn », paru en novembre dernier, s’inscrit dans cette continuité, un retour aux sources, nourri d’inédits enregistrés entre 2014 et 2020, et présenté par son label comme l’un de ses disques les plus profondément enracinés dans le genre. Dès « I’m Tryin », soutenu par la guitare de Nathan James, Kim Wilson impose un ton direct, sans fioritures, avec cette voix légèrement râpeuse qui semble avoir gagné en profondeur au fil des décennies. L’harmonica, toujours maître du jeu, respire large, chante, pleure, cajole, à la manière d’un instrument qui n’est plus un accessoire mais une extension de son souffle vital. Les reprises, nombreuses, révèlent un Wilson gardien du temple, mais jamais muséal. « Sweet Little Angel » ou « Holwin’ For My Darlin’ », enregistrées avec Richard Innes, Larry Taylor, Barrelhouse Chuck et Billy Flynn, retrouvent une élégance old-school, presque tactile, où chaque note semble polie par l’expérience. On y entend l’ombre des clubs enfumés, des nuits trop longues, des conversations à voix basse entre musiciens. Les compositions originales, elles, montrent un artiste qui sait encore surprendre. « Lowdown Women », avec ses trente milliers d’écoutes déjà relevées sur les plateformes, est un petit bijou de groove sec et nerveux, tandis que « Gotta Have A Horse » rappelle l’humour et la malice qui ont toujours traversé son œuvre. Mais c’est dans les morceaux les plus dépouillés que « Slow Burn » touche au cœur. « So Many Roads », longue dérive de plus de neuf minutes, referme l’album comme un soupir. Kim Wilson y joue de l’harmonica comme on raconte une vie entière, sans emphase, mais avec une vérité désarmante. Voilà un disque de maturité, de transmission, presque de confidence, où l’on entend un musicien qui n’a plus rien à prouver, mais encore beaucoup à offrir. Un blues incandescent, lent, profond, pour alimenter un feu qui ne s’éteint pas.