Accueil du portail Zicazic.com
European Blues Union


Zicazic on Twitter. Zicazic on Facebook.

Flux RSS ZICAZINE

Qu'est-ce que c'est ?

Accueil

> MENU
 Accueil
 ----------------
 Chroniques CD's
 Concerts
 Interviews
 Dossiers
 ----------------

FRENCHIE MOE pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
dimanche, 01 février 2026
 

Hi class
(Lightning In A Bottle Records – 2025)
Durée 40’53 – 9 Titres

http://www.moisette.com 

Née en France au milieu des eighties, Frenchie Moe découvre très tôt le blues. A huit ans, elle tombe amoureuse de la guitare et du chant, encouragée par un mentor d’exception, le bluesman britannique Victor Brox, ami de son père. A douze ans, elle foule déjà ses premières scènes au sein du groupe de Brox, apprenant le métier dans l’électricité des clubs et la chaleur des jams. A quinze ans, elle monte son premier groupe sérieux, posant les bases d’un parcours où la passion, la ténacité et l’authenticité seront ses boussoles. Après ses débuts européens, elle s’installe en Louisiane, terre promise des rythmes qu’elle aime. Là-bas, elle plonge dans le funk de la Nouvelle-Orléans, le R&B incandescent, les grooves moites des bars de Crescent City. Guitariste et chanteuse, elle développe un style hybride, un pont entre le Chicago blues moderne et la flamboyance rythmique de NOLA. Ses solos sont nerveux, ses riffs claquent, sa voix porte une âme à la fois rugueuse et lumineuse. Installée durablement à La Nouvelle-Orléans, elle s’impose sur la scène locale, collabore avec des musiciens chevronnés, dont des membres du groupe de Luther Kent, et signe avec Lightning in a Bottle Records. Après plusieurs EPs et albums marquant son évolution, elle publie en 2025 son disque le plus affirmé, « Hi Class », un album blues moderne, funky et brûlant. Frenchie Moe signe un album qui respire la Nouvelle-Orléans par tous les pores, tout en affirmant une identité blues moderne, nerveuse et élégante. Enregistré live, avec Moe qui tient toutes les guitares, le disque pulse d’une énergie brute, presque tactile, comme si chaque morceau avait été capté dans un club enfumé de Frenchmen Street. Dès les premières mesures, on sent la double filiation, avec le Chicago blues pour la rugosité et la tension électrique, et avec le R&B louisianais, pour le swing, la chaleur et la sensualité rythmique. Frenchie Moe joue serré, précis, mais jamais sage. Sa guitare mord, glisse, cajole, parfois rugit. Sa voix, elle, navigue entre confidence et défi, avec cette façon de faire claquer les mots qui rappelle les chanteuses blues capables de transformer une simple phrase en manifeste. L’album brille aussi par son casting avec de jeunes talents de NOLA et des vétérans aguerris, dont Ward Smith et Bruce Elsensohn, qui apportent une profondeur organique, un grain vivant qui donne à chaque titre une couleur unique. On entend des cuivres qui transpirent, des grooves qui roulent comme un tramway sur St. Charles Avenue, des breaks qui sentent la sueur et la fête. Mais « Hi Class » n’est pas qu’un exercice de style, c’est un disque incarné, contemporain et fièrement personnel. Frenchie Moe y affirme une vision, celle d’un blues qui ne se contente pas d’honorer la tradition, mais qui la propulse vers l’avant, avec panache et modernité. En filigrane, on retrouve ce qui fait sa force depuis ses débuts, une sincérité absolue, une maîtrise instrumentale redoutable, et cette capacité rare à faire dialoguer l’Europe de ses origines avec la Louisiane de son présent. Un album qui groove, qui brûle, qui vit, et qui rappelle que le blues n’est pas un musée mais plutôt une rue, un bar, un cœur qui bat. Et Frenchie Moe en est aujourd’hui l’une des voix les plus vibrantes !