jeudi, 12 février 2026 Last call (Busted Flat Records – 2026) Durée 40’39 – 10 Titres
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Depuis plus de quatre décennies, Cheryl Lescom fait partie de ces voix qui semblent avoir été sculptées directement dans le bois des bars enfumés, des clubs de blues et des scènes où l’on joue pour vivre autant que pour survivre. Originaire de l’Ontario, elle s’impose très tôt comme l’une des chanteuses les plus puissantes et les plus authentiques de la scène canadienne. Sa voix, à la fois rugueuse et chaleureuse, évoque ces artistes qui ne trichent jamais, avec une âme soul, un cœur rock, et un instinct blues chevillé au corps. Au fil des années, Cheryl multiplie les collaborations, partage la scène avec les figures majeures du blues canadien et forge une réputation de performeuse redoutable. Mais c’est sa rencontre avec deux musiciens atypiques, les Tucson Choir Boys, Ray Walsh et Dave The Cat, qui va donner une nouvelle dimension à son univers. Le duo, connu pour ses harmonies vocales aussi décalées qu’efficaces, apporte à Cheryl un contrepoint inattendu, un mélange de gospel de bar, de folk cabossé et d’humour tendre, qui contraste magnifiquement avec la puissance brute de sa voix. Ensemble, ils forment un trio singulier, profondément humain, où l’alchimie repose autant sur la musique que sur la camaraderie. Cheryl Lescom & The Tucson Choir Boys, c’est l’art de raconter des histoires vraies, de chanter les cicatrices comme les éclats de joie, et de faire du blues un espace de partage plutôt qu’un exercice de style. Leur collaboration donne naissance à un son chaleureux, roots, où l’on entend autant les années de route que les nuits de rire, de doute et de fraternité. Avec « Last Call », Cheryl Lescom & The Tucson Choir Boys livrent un album qui ressemble à une fin de soirée où personne n’a vraiment envie de rentrer. Le disque s’ouvre comme une porte de bar qu’on pousse après minuit, ça sent le bois, la bière renversée, les confidences qui traînent, et surtout la musique jouée sans filet. La voix de Cheryl, toujours aussi habitée, domine l’ensemble avec une maturité bouleversante. Elle ne cherche plus à impressionner, elle raconte, elle vibre, elle respire. Chaque note semble porter un fragment de vie, un éclat de vérité. Les Tucson Choir Boys, eux, jouent le rôle de chœur bancal mais irrésistible, apportant une chaleur presque familiale. Leurs harmonies, parfois fragiles, parfois lumineuses, donnent au disque une couleur unique, un mélange de gospel de comptoir et de folk acoustique qui fait mouche. Musicalement, « Last Call » navigue entre blues roots, ballades soul et éclats rock’n’roll. Les guitares sont sobres mais expressives, les arrangements respirent, et l’ensemble sonne comme un album enregistré par des musiciens qui se connaissent par cœur. Pas de surproduction, pas d’artifice, juste des chansons qui tiennent debout parce qu’elles sont vraies. Les moments forts ne manquent pas, avec des titres où Cheryl laisse éclater sa puissance vocale, d’autres où elle se fait plus fragile, presque chuchotée. L’album trouve son équilibre dans cette alternance entre force et vulnérabilité, entre gravité et humour, une véritable signature du trio. « Last Call » est un album qui assume pleinement ce qu’il est, un témoignage sincère, chaleureux, profondément humain. Un disque qui rappelle que le blues n’est pas seulement une musique, mais une manière de traverser la vie. Et quand Cheryl Lescom et ses deux compères s’y mettent, on a envie de rester jusqu’à la dernière note, comme on reste au bar pour un dernier verre avec des amis qu’on ne voit pas assez souvent. |