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BACK PORCHESTRA pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
mercredi, 18 février 2026
 

Stories in the heart
(Globe Records – 2026)
Durée 45’03 – 12 Titres

https://www.backporchestra.com 

Back pOrchEstra, c’est ce genre de groupe qui ne se contente pas de jouer de la musique, il la vit, il la respire, il la partage comme on tend une bière fraîche sur un perron brûlant. Né en plein chaos pandémique, le collectif mené par Tim Eschliman a transformé l’isolement en moteur créatif. Et quel moteur. Autour de lui, une bande de musiciens qui ont roulé leur bosse sur toutes les scènes possibles, Candy Girard, violoniste incendiaire passé par les routes de la country et du rock, Bowen Brown, batteur qui a accompagné John Lee Hooker, Gary Potterton, guitariste au pedigree impressionnant, Jen Rund, bassiste solide comme un vieux chêne, et toute une ribambelle d’invités qui donnent à chaque session un parfum de fête improvisée. Leur son ? Un mélange explosif de roots rock, Americana, cajun, western swing, blues, avec ce grain de poussière qui rappelle les routes californiennes et les nuits moites de la Nouvelle-Orléans. Back pOrchEstra joue comme on raconte une histoire autour d’un feu, sans chichi, sans ego, mais avec une intensité qui vous attrape par le col. Leur musique a ce truc rare qui veut qu’elle semble familière dès la première écoute, mais sans jamais tomber dans la facilité. Avec « Stories In The Heart », le groupe livre un album qui ne cherche pas à révolutionner quoi que ce soit, et c’est précisément pour ça qu’il fonctionne. Back pOrchEstra ne joue pas la carte du concept alambiqué ni de la production surchargée. Il choisit la voie la plus difficile, celle de la sincérité brute. Dès l’ouverture, on sent que le groupe a voulu revenir à l’essentiel. Les guitares claquent comme des portes de saloon, le violon trace des lignes qui oscillent entre mélancolie et jubilation, la section rythmique avance avec ce groove tranquille qui ne se presse jamais mais ne faiblit pas. Rien n’est trop poli, rien n’est trop propre, c’est vivant, organique, chaleureux. Les morceaux s’enchaînent comme des instantanés de vie. On passe d’une ballade folk qui serre la gorge à un swing cajun qui donne envie de taper du pied, puis à un rock roots qui sent la route et les stations-service au milieu de nulle part. Chaque chanson a son propre paysage, mais l’ensemble tient grâce à une cohérence émotionnelle rare puisque Back pOrchEstra raconte des histoires, et parce qu’on a envie de les écouter jusqu’au bout. Le plus intéressant, c’est cette capacité à faire simple sans être simpliste. Le groupe joue avec une maturité tranquille, celle de musiciens qui n’ont plus rien à prouver mais tout à partager. « Stories In The Heart » n’est rien d’autre qu’un un album qui cherche à toucher l’auditeur, et il y parvient, sans jamais hausser la voix. Au bout du compte, Back pOrchEstra signe un disque lumineux, terrien, profondément humain. Un album qui donne envie de s’asseoir sur un perron, de regarder le soleil se coucher et de laisser les histoires faire leur travail. Un album qui porte bien son nom, avec des histoires, oui, mais surtout du cœur.