vendredi, 20 février 2026 Spedju (Harmonia LDA – 2025) Durée 43’50 – 13 Titres
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Il y a chez Elida Almeida une lumière qui ne s’explique pas vraiment. Une lumière qui vient de loin, de ces îles du Cap-Vert où les voix naissent souvent avant les rêves, où les chansons servent de boussole autant que de refuge. Née sur l’île de Santiago, élevée ensuite sur Maio, Elida grandit dans un quotidien modeste, sans électricité, mais avec une richesse bien plus essentielle, la musique. Elle chante d’abord dans les églises, puis sur les ondes d’une radio communautaire où elle apprend à raconter, à écouter, à respirer le monde. Lorsque le prix RFI Découvertes la révèle en 2015, ce n’est pas seulement une nouvelle voix que l’on découvre, c’est une personnalité entière, une présence chaleureuse, une artiste qui porte en elle les rythmes du batuque, la nostalgie des mornas, l’énergie du funaná, mais aussi une modernité douce, jamais forcée. Depuis, Elida trace sa route avec une constance rare, multipliant les concerts, les rencontres, les albums qui racontent autant son histoire que celle de son pays. Avec « Spedju », miroir en Créole capverdien, Elida Almeida signe un album qui ressemble à un matin clair après une longue nuit, à la lumière qui revient, la douceur qui s’installe, la vie qui reprend son souffle. L’album s’ouvre sur des guitares fines, presque murmurées, comme si Elida voulait d’abord nous prendre par la main avant de nous emmener plus loin. Sa voix, toujours aussi chaude, s’y déploie avec une maturité nouvelle, moins démonstrative, plus intérieure, mais d’une intensité qui touche immédiatement. Là où ses précédents projets vibraient d’une énergie percussive et communautaire, « Spedju » choisit parfois la retenue. Les arrangements sont plus épurés, les percussions plus légères, les mélodies plus aériennes. On y sent une volonté de revenir à l’essentiel, la voix, les mots, l’émotion. Elida chante les femmes, les mères, les départs, les retours, les villages qui s’accrochent aux collines, les enfants qui rêvent d’ailleurs, les ancêtres qui veillent. Elle chante aussi la résilience, cette force tranquille qui traverse toute son œuvre. Rien n’est appuyé, rien n’est dramatique, tout est dit avec cette douceur ferme qui la caractérise. Ce sixième effort de l’artiste n’est pas un album qui cherche à impressionner mais plutôt à toucher. Et il y parvient, précisément parce qu’il respire la sincérité, la simplicité, la lumière. Elida Almeida y apparaît plus sûre d’elle que jamais, pleinement maîtresse de son univers, capable de faire danser une émotion avec trois notes et un souffle. Elle confirme surtout ce que beaucoup pressentaient déjà, Elida n’est pas seulement une voix du Cap-Vert. Elle est l’une de ces artistes qui savent transformer leur histoire en horizon, et leur horizon en partage. |