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OMAR COLEMAN & IGOR PRADO pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
lundi, 02 mars 2026
 

Old, new, funky and blue
(Nola Blue Records – 2026)
Durée 51’20 – 11 Titres

https://www.omarcolemanmusic.com 
https://www.facebook.com/igorpradoband/ 

Quand Omar Coleman et Igor Prado se retrouvent en studio, on comprend immédiatement que le blues n’a jamais cessé d’être une musique en mouvement. L’un vient de Chicago, berceau électrique du genre. L’autre arrive de São Paulo, scène bouillonnante où le groove est une seconde nature. Ensemble, ils signent une collaboration qui dépasse les frontières et les étiquettes. Omar Coleman n’a pas grandi avec une guitare dans les mains. Longtemps chauffeur-livreur, il découvre l’harmonica sur le tard et s’y jette avec une intensité rare. Très vite, sa voix puissante et son jeu frontal attirent l’attention dans les clubs du West Side. Coleman n’est pas un gardien du temple, il aime le blues qui avance, qui danse, qui emprunte à la soul et au funk sans jamais perdre son âme. A des milliers de kilomètres, Igor Prado forge son identité de guitariste autodidacte. Gaucher jouant sur une guitare de droitier retournée, il développe un style immédiatement reconnaissable, un mélange de swing texan, de funk 70’s et de blues nerveux. Sur scène comme en studio, Prado joue avec une précision féline et une énergie contagieuse. Leur rencontre était improbable, mais leur entente musicale est évidente. Coleman apporte la rugosité de Chicago, Prado la flamboyance rythmique brésilienne. Le résultat donne un blues moderne, ouvert, irrésistiblement groovy. Avec « Old, New, Funky and Blue », le duo signe un album qui porte parfaitement son nom. On y trouve du vieux, du neuf, du funk, du blues, mais surtout une cohérence et une vitalité qui donnent au disque une vraie personnalité. La production mise sur l’organique. On a l’impression d’être dans la pièce, les attaques de guitare claquent, l’harmonica respire, la section rythmique pulse sans relâche. Igor Prado déroule un jeu précis, tranchant, mais toujours au service du morceau. Omar Coleman, lui, chante avec une urgence qui ne triche pas. Sa voix rugueuse donne du relief à chaque titre. L’album navigue entre plusieurs couleurs, un blues électrique tendu, héritier du West Side, une soul chaleureuse qui rappelle les grandes heures de Chicago, un funk sec et dansant, parfaitement maîtrisé, et des touches de jump et de swing où la guitare de Prado s’envole. Ce mélange pourrait disperser l’ensemble, mais au contraire il le dynamise. Le duo sait exactement où il va et comment faire dialoguer ses influences. On salue forcément la fraîcheur du projet. « Old, New, Funky and Blue » n’essaie pas de recréer un passé idéalisé. Il montre à la place un blues qui vit, qui se transforme, qui s’ouvre. Coleman et Prado ne cherchent pas à prouver quoi que ce soit, ils jouent, simplement, avec une complicité évidente et une joie communicative. Le résultat est un album généreux, solide, qui devrait parler autant aux puristes qu’aux amateurs de groove. Un disque qui rappelle que le blues n’est pas une relique, mais une musique qui continue d’avancer, et d’autant plus quand elle est portée par deux artistes aussi complémentaires.