samedi, 02 décembre 2006 La vie ne suffit pas (DVD) (Labels – Virgin Music – 2006) Durée 78’ environ
http://www.qui-se-soucie-de-moi.fr http://www.cali-menteur.com
Créé dans la plus pure tradition des films rock des seventies, ce DVD consacré à Cali n’est pas franchement une fiction mais ne ressemble pas non plus à un concert comme on a l’habitude de les voir … Réalisé par Gaëtan Chataigner, le bassiste des Little Rabbits qui avait déjà immortalisé Dominique A aux Bouffes du Nord, le road movie de la tournée du Perpignanais le présente au travers de quatorze titres captés chacun sous une sensibilité et sous une optique différente, le tout avec une émotion palpable qui privilégie les sensations sur la technologie. Ici, point de 5.1, point de kilomètres de câbles et de régies vidéo perfectionnées, le son est capté brut, avec les petites (et grosses ...) imperfections inhérentes au live, avec la caméra (parfois bon marché) qui bouge au gré des mouvements de la salle et parfois même avec le public qui prend le dessus sur l’artiste. Presque comme un savoureux bootleg, mais dans une version officielle !
En groupe ou en orchestre, c’est le Cali de tous les jours qui nous est ici présenté, le Cali des grands soirs et le Cali humain, chauffeur de son minibus Volkswagen ou guitariste, chanteur dopé aux amphétamines ou doux chef d’orchestre avec derrière lui justement l’Orchestre Symphonique de Perpignan. Chanteur culte pour certains, Cali est l’artiste à abattre pour d’autres, celui qui énerve tant son talent est naturel et tant son succès est exceptionnel ! Cherchez l’erreur, comment est il possible de rappeler à la fois Noir Désir et Miossec, Les Wampas et Higelin … Tout simplement en ne calculant pas et c’est bien comme ça que Cali appréhende la musique, comme quelqu’un pour qui la spontanéité est le maître mot, pour qui un saut, un baiser volé à un des musiciens ou un cri de révolte se doit d’être tiré de l’urgence du moment et non d’un rider trop bien écrit. Traversant « La symphonie inachevée », entouré de ballons multicolores, épinglé sur fond de camps de concentration, allongé ou déambulant dans un bois qui sert de fil rouge à l’ouvrage ou encore piquant des 100 mètres sur scène, Cali est à la fois acteur et chanteur et en impose à plus d’un titre avec des pièces comme « Menteur », « Pauvre garçon » qu’il dédie à Daniel Darc, avec « Dolorosa », « Roberta » ou « Je sais » … Cali nous sort également ses hymnes les plus célèbres, de « Qui se soucie de moi » à « C’est quand le bonheur » en passant par « Je m’en vais » et « Elle m’a dit », comme pour mieux rappeler qu’il n’a pas encore pris le temps de coucher « L’exil » et « Pablito » sur un album. C’est ainsi qu’est le personnage, un peu cabot mais surtout très humain, prêt à se jeter du haut de la falaise mais par bande magnétique interposée, se donnant à son art et à son public comme si c’était la dernière fois … Et par chance, ça recommence chaque soir !
|