lundi, 19 mai 2008 Terminal F (Coop Breizh – 2008) Durée 69’41 – 17 Titres
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Flobard a vu le jour dans les tous derniers mois du deuxième millénaire grâce à la magie improbable des petites annonces musicales, rappelant à ceux qui en doutaient encore qu’il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent jamais, et encore … Porté par deux auteurs, l’Avesnois Michel Willaey et le Calaisien Hervé Pruvot, mais aussi par Thierry Hanna, le groupe donnera très vite ses premiers concerts et sortira son premier album au bout d’un an, Michel Willaey quittant définitivement le groupe fin 2002 … Un deuxième album sorti en mai 2004 scellera l’orientation dans un registre où la world music et le rock font bon ménage et c’est de concerts en concerts que ces « Nouveaux Corsaires » feront leur petit bonhomme de chemin pour en arriver début 2008 à un troisième ouvrage qui voit toujours Thierry Hanna au chant, à la guitare et aux percussions et à ses côtés Jean-Noël Jaspero au violon, Dominique Dominiczak aux guitares, Sébastien Lemahieu aux basses et contrebasses et Aurélien Abdelhouaeb à la batterie. Tourné vers le monde, « Terminal F » est comme son nom l’indique une formidable invitation au voyage …
Ils viennent de la Côte d’Opale mais sont distribués par un label breton et en entendant les premiers riffs très marins de l’album, on comprend mieux pourquoi … Mais plus qu’un ouvrage où les sonorités celtes seraient omniprésentes, c’est bel et bien vers un concept baptisé Rock’n’World que Flobard nous entraîne, le didgeridoo et la basse slapée apportant leur lot de sonorités caribéennes et le violon quittant les côtes bretonnes pour nous conduire quand le besoin se fait sentir vers des accents plus slaves ou tziganes. L’Afrique n’est pas laissée de côté et c’est en adoptant des rythmes tribaux que le quintet lui témoigne son respect, partant ensuite vers d’autres continents et d’autres ambiances où seules quelques règles d’or sont de rigueur, la positivité des chansons, la délicatesse du ton et la sincérité du jeu. Beaucoup de rock celtique, de la bossa, du flamenco, du reggae et même quelques escapades arabisantes au milieu de touches subtiles de pop, il n’en faut pas moins à Flobard pour se fendre d’un ouvrage les pieds dans l’océan et la tête dans les nuages dans lequel on remarquera quelques pièces dorées à l’or fin comme « Aventuriers », « Hôtel des Flammes&Co », « Victoria Road », « El Mustafa » ou « Les larmes de l’Olivier » mais aussi un très sympathique « SOS des tresses » auquel les cuivres apportent un cachet tout particulier … La seule raison valable de résister à l’appel du grand large que nous propose aujourd’hui Flobard serait éventuellement une date de validité de passeport un peu courte mais tout bien pesé, se mettre dans la clandestinité dans de telles conditions d’aboutissement en terme de composition et de réalisation ne peut pas vraiment être répréhensible. A bon entendeur …
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