mercredi, 23 juillet 2008 L’art délicat du Rock & Roll (Comotion – Rock Revolution Records – 2008) Durée 47’21 – 12 Titres
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On se souvient du retour en forme de Café Bertrand sur les scènes de l’hexagone lors du changement de millénaire tout comme on se souvient en 2005 de la sortie de son album, « Les airs empruntés », qui à force de chaleur, de talent et de conviction a réussi à faire du groupe emmené par Walther Gallay la première partie attitrée de Deep Purple sur toutes ses dates françaises, et dieu sait s’il y en a eu ces dernières années. Alors forcément, il fallait bien un jour que Café Bertrand enfonce encore un peu plus le clou et qu’il offre un jeune frère à cet opus déjà solide, ce qui fut fait en mai 2008 avec douze nouveaux titres sur lesquels l’emblématique chanteur est rejoint par Stéphane Honde à la guitare lead et au piano, Denis Baruta à la guitare rythmique, Alain Pérusini à la basse et Emmanuel Lamic à la batterie, le tout sous l’œil avisé de Roger Glover en personne qui, accompagné de Peter Denenberg, s’est chargé du mixage d’un ouvrage qui nous explique par l’exemple « L’art délicat du Rock & Roll » … En route pour la leçon !
On les avait embarqués un peu vite dans le sillage de Noir Désir, ne serait ce que parce que la première mouture du groupe avait accompagné les Bordelais sur la route en d’autres temps, et si la comparaison reste plus ou moins valable, c’est en durcissant singulièrement le ton que Café Bertrand réapparaît en 2008, reprenant tout naturellement l’engagement de son frontman là où il l’avait laissé trois ans plus tôt et l’amenant encore un peu plus loin au travers de titres complexes sur lesquels les breaks sont bien marqués et où la mise en valeur des mélodies est poussée jusque dans ses derniers retranchements par un son impeccable. Avec son rock sans concession, Café Bertrand nous rappelle qu’il est possible de crier un moment puis de chanter celui d’après, de vider son sac puis de s’émouvoir, de lâcher un riff tendu à bloc puis de laisser la mélodie cheminer tranquillement … Cela donne à l’arrivée un ouvrage à la fois bien compact et très varié avec des passages d’une intensité folle, avec des hymnes en puissance comme « Riff », « Visages de cendre » ou « Sainte tutelle » et des pépites appelées à passer sur les ondes comme « Le pion », « C’est comme ça » ou « Les pages du temps », avec un hymne à la différence et à l’ouverture d’esprit, « Exil », et même avec des efforts aux accents modernes comme « Amnésie ». La liste est encore longue et non exhaustive, chacune des douze pièces de l’album pouvant quasiment entrer à la demande dans l’une ou l’autre des catégories. Avec un talent inouï de songwriter associé à une attitude très rock’n’roll et à une énergie intelligemment canalisée, il pouvait sembler évident que Café Bertrand parviendrait un jour à nous offrir un album de cette trempe … Restait à se donner les moyens de le faire et voilà désormais qui est fait, et bien fait en plus !
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