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SATURNIN pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
mercredi, 01 octobre 2008
 

Saturnin
(Busy Line – Discograph – 2008) 
Durée 34’36 – 10 Titres

http://www.myspace.com/saturninproject

Quand il devient le machiniste du petit théâtre dans lequel évolue Saturnin, Christophe Talon en attrape la plume et les instruments mais aussi les arrangements et c’est avec un ouvrage qui lui ressemble comme deux goûtes d’eau qu’il débarque aujourd’hui, un album qui n’a du vilain (ou gentil …) petit canard que le nom puisque c’est en présentant un astucieux mélange de pop et de rock psychédélique où l’on reconnaît autant Pink Floyd et Ange que les Beach Boys qu’il s’efforce de venir convaincre un public qui appréciera en prime un large côté chanson française plutôt bien senti. Détenteur de son propre style et de son propre son qui nous ramène parfois jusque très loin en arrière, Saturnin a qui plus est trouvé sa voix et c’est en ne manquant jamais de s’appuyer sur elle mais aussi sur des claviers carrément vintage qu’il nous présente une volée de dix titres un peu brève mais très dense !

Qu’il donne dans la chanson classieuse ou au contraire dans le free jazz un tantinet bastringue, Saturnin trouve à chaque instant le ton juste pour ne pas choquer et s’en sort avec les honneurs grâce à des textes aussi délirants que fouillés et à des musiques où les versants flamboyants contrastent avec d’autres plus proches du binaire. Dérangeant sur certaines pièces, Saturnin se fait attirant l’instant d’après et nous fait glisser entre sucré et salé d’un « Presque rien » à un « Pied de nez », d’un « Tinguelin Dancing » à un « Empiro Stadium » ou d’un « Aerostale & Company » à un « Utopic », s’essayant parfois à mélanger les deux et s’acharnant à chaque instant à faire de grands allers-retours dans le temps pour y retrouver non seulement l’essence même de la pop mais aussi le point précis qui a permis sa jonction avec le rock psyché. Cela nous réserve donc un lot de sonorités venues autant d’instruments traditionnels que des tous premiers ancêtres de l’electro, un voyage entre sixties et seventies qui serait ponctué à la demande de jolis vers et de belles rimes … C’est fait avec tellement de foi et de savoir-faire que l’on ne peut que s’y prêter de bonne grâce !