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CARLTON RARA pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
mercredi, 18 février 2009
 

Peyi Blue
(Iris Music – Harmonia Mundi – 2009) 
Durée 69’31 – 14 Titres

http://www.carltonrara.com
http://www.myspace.com/carltonrara

Né d’une mère haïtienne et d’un père français, Carlton Rara est à la fois chanteur, compositeur et percussionniste et profite au mieux de sa mixité culturelle pour proposer une musique où le Créole et l’Anglais se rejoignent dans un creuset empreint de tout ce qu’Haïti peut connaître du blues, c’est à dire beaucoup plus que ce que l’on ose imaginer. La voix un peu chuintante de l’artiste se marie avec un charme certain aux guitares et aux percussions de Serge Tamas et d’Yves Jazon mais aussi à la basse et aux guitares de Rija Randrianivosoa et tout ce joli monde en arrive à nous proposer un bon gros ouvrage dans lequel la nostalgie omniprésente ne nuit en rien à un plaisir partagé entre les musiciens et leur public, un plaisir qui s’offre comme un fruit gorgé de soleil et de saveurs à la fois douces et épicées. « Peyi Blue » est une création qui ne s’explique pas, c’est une véritable façon d’être, de penser, de vivre …

Un peu de blues et un peu de jazz, beaucoup de world pour faire le lien entre les deux et un réel talent pour porter le tout, il n’en faut pas vraiment plus à Carlton Rara pour proposer un ouvrage qui papillonne entre tradition et modernisme, entre acoustique et électrique, et qui marie le meilleur de ses deux cultures dans des titres forts comme « Choukoun », « Fey Ô », « Manman Ayiti », « Gade Yon Peyi », « One More Time » ou encore « Mande Padon » … Sans jamais mettre une note plus haute que l’autre mais en égrenant avec un soin tout particulier quelques grappes de guitares électriques sur des percussions redondantes, Carlton Rara invente un nouveau groove et propose un blues plein de sensualité et de bouquets, un blues qui fait de perpétuels allers et retours entre l’Afrique des ses ancêtres et la Caraïbe de ses grands-parents comme pour mieux en tirer les forces respectives et les réunir sous l’influence d’un Occident qui fait partie intégrante de son présent. Les traditionnels haïtiens et les compositions personnelles se croisent avec beaucoup de bonheur tout au long d’un ouvrage qui perpétue la culture du marronnage, une culture qui ne s’apprivoise pas mais qui sait parfois s’ouvrir à celui qui est capable de faire l’effort de la respecter et de l’apprécier … Il y a quelque chose d’envoûtant dans cet album, un petit côté mystique qui se ressent de bout en bout et qui atteint son apogée sur « Papa Legba Nan Peyi Vodou », le génial morceau incantatoire qui referme ce superbe digipack pour mieux inviter à le rouvrir un peu plus tard. Retenez bien le nom de cet artiste !