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Ecrit par Fred Delforge |
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dimanche, 29 mars 2009 Musique Barbare (Enrage Productions – Discograph – 2009) Durée 44’33 – 12 Titres
http://www.mononc.com http://www.myspace.com/mononcsergerock http://www.anonymusmetal.com http://www.myspace.com/anonymusmetal
Ils arrivent tout droit du Québec et sont plus proches de l’esprit d’Offenbach, de Michel Pagliaro ou même de Plume Latraverse que de celui de Céline Dion ou de Garou et si leur réunion semble logique tant ils s’avèrent complémentaires, Mononc’ Serge et Anonymous sont deux machines de guerre bien distinctes, le premier traînant son rock corrosif sur les scènes depuis le début des nineties tandis que les seconds forment traditionnellement un groupe de metal depuis peu ou prou la même époque. Un premier album et une tournée commune sur leurs terres il y a cinq ans avaient donné à Mononc’ Serge & Anonymous une véritable légitimité et c’est en jouant cette fois copieusement en France début février que Jeff Fortin et Daniel Souto aux guitares, Oscar Souto à la basse, Carlos Arayo à la batterie et Serge Robert au chant nous ont présenté une suite toujours aussi irrévérencieuse et en même temps tellement savoureuse …
Les non-initiés aux subtilités de la langue de la Belle Province vont sans doute y perdre quelque peu pied les premiers temps mais il sera toujours temps pour eux de se raccrocher aux très fortes allusions musicales faites à des combos comme Metallica tout au long de cette « Musique Barbare » avant de saisir le sens caché de quelques expressions que les habitués des rues montréalaises ou des grands espaces des Plaines d’Abraham savoureront pour leur part avec un plaisir non dissimulé … Entre metal et punk rock, Mononc’ Serge & Anonymous nous emmènent en pleine contestation délirante, dans un monde où l’on ne respecte rien ou presque et où l’apologie des substances toxiques et de la folie musicale passe bien loin avant le respect des politiques ou même carrément des aînés. Les riffs bouillants obligent l’auditeur à garder ses distances mais invitent en même temps à une communion en forme de headbanging entre le groupe et ses fans sur des brûlots assassins comme « Le rejet », « Pas pire », « J’pue pas, j’sens l’punk » ou « René Lévesque », l’opus nous réservant en prime quelques très beaux faits d’armes comme l’inénarrable « Résistance festive » ou encore l’hommage quelque peu indécent aux Beatles que se révèle très rapidement être « Sous-marin brun ». Quelques banderilles posées de Paris à Montpellier et de Rennes à Angoulême auront fini de convaincre cet ovni musical qu’il avait une carte à jouer dans l’hexagone et c’est en affichant une ferme envie de revenir achever un travail si bien commencé qu’il aura fallu les reconduire de force à la frontière pour qu’ils rejoignent leur Canada natal … Mais si une chose est certaine, c’est qu’on n’a pas fini de les revoir et c’est très bien ainsi tabarnak !
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