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Ecrit par Fred Delforge |
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mardi, 01 décembre 2009 La différence (Emarcy – Universal – 2009) Durée 49’32 – 9 Titres http://www.salif-keita.artistes.universalmusic.fr
Né il y a une soixantaine d’années, Salif Keïta qui descend directement de la lignée du fondateur de l’Empire du Mali aurait du être un Prince … mais le fait d’être né albinos a quelque peu changé la donne dans une région du monde où l’on taxe ceux qui sont affligés de cette particularité de pouvoirs maléfiques. Et ce n’est rien comparé à son choix volontaire de devenir musicien, préférant et assumant son désir de se rapprocher du monde des griots au détriment de celui de la noblesse auquel il était directement destiné ! Entré dans un premier groupe traditionnel avant son vingtième anniversaire, le chanteur en rejoindra un autre puis s’exilera en Cote d’Ivoire pour y sortir un premier album solo, « Mandjou », alors qu’il approche de la trentaine. Parti ensuite enregistrer aux Etats Unis, Salif Keïta finira par retourner à Bamako où il créera un studio d’enregistrement lui permettant de mettre le pied à l’étrier à quelques artistes locaux devenus célèbres depuis, Rokia Traoré n’étant pas la moindre d’entre eux …
Musicien engagé et créateur prolixe, Salif Keïta sait parfaitement ce qu’est « La différence » et ce n’est pas tout à fait innocemment qu’il a choisi de donner ce nom à son nouvel album dans lequel la culture mandingue est toujours très présente mais où l’on trouve aussi de nombreuses autres influences et surtout un véritable plaidoyer pour la tolérance et la fraternité. Faussement joyeux dans le ton de certain de ses titres, l’ouvrage nous ramène vers la rudesse de la vie, les conditions humaines et sanitaires déplorables dans lesquelles les populations africaines survivent et les abus récurrents de leurs dirigeants, s’attachant bien évidemment tout particulièrement à dénoncer le massacre en règle des Africains albinos et tentant au passage de réaffirmer que si la peau de son créateur est blanche, le sang qui coule dans ses veines est définitivement d’origine noire. On en passe par des « San Ka Na » et des « Gaffou », par des « Ekolo d’Amour » et des « Samiga » dans lesquels le travail réalisé autour des instruments traditionnels est au moins aussi pointilleux que celui fait sur les voix. Véritable trésor de culture africaine et de sonorités du même cru, « La différence » est un ouvrage qui devrait figurer en bonne place dans les médiathèques du monde entier tant il y a de leçons à en tirer non seulement sur le plan musical mais aussi et surtout sur le plan humain ! A méditer …
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