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CHARLOTTE GAINSBOURG pdf print E-mail
Ecrit par Fred Delforge  
jeudi, 10 décembre 2009
 

IRM
(Because Music – 2009) 
Durée 41’42 – 13 Titres

http://www.charlottegainsbourg.net
http://www.myspace.com/charlottegainsbourg

Elle aurait pu en finir avec la chanson après son premier album sorti en 1985, un ouvrage imaginé par son père qui mettait alors en valeur sa voix d’adolescente et son insouciance … Et puis plus de deux décennies plus tard, Charlotte Gainsbourg revenait enfin à ses premières amours en proposant un album à la fois versaillais puisqu’elle y collaborait avec Air et anglo-saxon puisque c’est Nigel Godrich qui le produisait. Encore trois ans passeront avant que la fille de Jane et Serge ne replonge avec un troisième effort cette fois produit par Beck lui-même, un ouvrage où celle qui a plus été souvent reconnue pour ses talents d’actrices que pour son don naturel de chanteuse revient une fois de plus avec treize chansons où l’electro, la pop et la world musique trouvent leur point commun le plus naturel. Surprenant et séduisant, « IRM » n’en finit plus de nous emmener vers l’étrange destin d’une jeune femme pas tout à fait comme les autres, une artiste à la voix crue, à la voix nue …

On aura le plus grand mal à mettre une étiquette définitive sur ce troisième ouvrage de la véritable chanteuse et musicienne qu’est Charlotte Gainsbourg … Quand ses consœurs du grand écran se laissent diriger et emmener là où leur producteur le veut, Charlotte laisse au contraire travailler le talent et aussi l’expérience pour piloter elle-même sa barque, un navire qui brave fièrement les vagues les plus hautes et qui va bon train vers des mélodies chiadées où la note juste répond parfaitement à la délicate intonation, où l’arrangement finaud donne la réplique à la petite subtilité de plume à côté de laquelle on serait passé si l’accent n’avait justement pas été mis dessus. Des standards, « IRM » en compte déjà plus d’un avec pour commencer son tittle track mais aussi avec « Heaven Can Wait » qui fait déjà figure de bras armé capable d’emmener le troisième album de la descendante du clan Gainsbourg vers une place qui lui revient de droit, celle du sommet des charts nationaux mais aussi internationaux. Fruit d’un travail commun et coordonné entre deux grands artistes, « IRM » est né de diverses rencontres, de diverses sessions d’enregistrement qui ont conduit le binôme à créer quelque chose de grand, quelque chose de fort à l’image de cette adaptation du standard canadien des sixties, « Le chat du Café des Artistes », que l’on jurerait tiré de la plume et de l’esprit du génial père de celle qui le chante si bien ici. Si son nom l’emporte forcément toujours un peu, Charlotte nous rappelle une fois encore qu’elle a su se faire un prénom par elle-même !