dimanche, 09 mai 2010 Japan Pop Show (Makasound – 2010) Durée 47’33 – 14 Titres
http://www.myspace.com/curumin
Artiste brésilien d’origine hispano-japonaise, Curumin est connu par l’état civil de Sao Paulo sous le nom de baptême de Luciano Nakata Albuquerque et s’il évoluait déjà dans son premier groupe de rock à l’age de huit ans, c’est véritablement deux ans plus tard qu’il se mettra aux choses sérieuses, délaissant les bidons et casseroles pour s’attacher sérieusement à jouer de la musique funk. Se produisant comme batteur dans les plus grands clubs brésiliens dès l’age de quatorze ans, Curumin se mettra au piano à seize puis s’en ira étudier les musiques brésiliennes, fondant en parallèle le groupe Zomba qui s’inspire de formations comme les B-52’s et Run DMC et avançant lentement mais sûrement vers la célébrité pour sortir en 2005 « Achados E Perdidos », un premier album dont une des chansons se retrouvera sur le jeu Fifa Street 2 mais aussi en bande sonore d’une publicité pour une grande marque d’équipements sportifs durant la Coupe du Monde de Football 2006. Sorti en 2008, « Japan Pop Show » repousse encore un peu plus les limites de la musique d’origine brésilienne et s’il a été élu album de l’année dans son pays d’origine, il aura quand même fallu attendre deux années pour le voir arriver chez nous …
Créer une world musique capable de mettre en avant les musiques populaires brésiliennes en leur adjoignant une grosse dose de hip hop, de reggae, de dub, d’electro, de rock et pas mal d’autres influences encore, il fallait toute la lucidité et tout le talent de Curumin pour parvenir à trouver le juste équilibre pour que ça passe et c’est en invitant Blackalicious, Turbo Trio, General Elektriks ou encore Tommy Guerrero que le jeune homme y est parvenu, nous emmenant de la samba-soul à la samba-reggae sans oublier de passer par tout un tas de genres hybrides où se rencontrent et se télescopent le rap et l’electro, le funk et le rock. Difficile à cerner à la première écoute, « Japan Pop Show » se laisse petit à petit attraper sans pour autant se dévoiler entièrement et il faudra en passer par de multiples écoutes pour finir de trouver toutes les subtilités de titres comme « Kyoto », « Magrela Fever », « Misterio Stereo », « Sambito » ou encore « Esperança ». Illustrant avec beaucoup d’ingéniosité toutes les diversités mais aussi les paradoxes de la culture brésilienne, ce deuxième effort de Curumin interprété essentiellement en Portugais en fait un des meilleurs ambassadeurs de son pays et s’il a copieusement fait résonner sa musique dans tout le Nord de l’Amérique, c’est aujourd’hui dans l’hexagone que l’artiste prend ses marques avec non seulement cet album mais aussi avec des concerts qui aident à encore mieux le faire apprécier à sa juste valeur. Attention, devenir fan de Curumin est une réalité à laquelle il peut être parfois très difficile d’échapper …
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