mardi, 26 octobre 2010 Le maquis (Alhambra Productions – 2010) Durée 35’35 – 10 Titres http://www.lessuperheros.com http://www.myspace.com/lessuperheros
Enfants du rock alternatif élevés aux riffs de La Mano et de La Ruda, les Super Héros ont lentement mais solidement construit une forteresse autour de leur musique qui a définitivement décidé de ne pas choisir entre le punk et le ska, une musique sans concession dans laquelle les guitares sont plus que tranchantes, la rythmique solidement accrochée et les cuivres bourrés de spontanéité. A l’heure où le combo limougeaud a posé un moment ses valises après avoir traîné son précédent opus sur les routes pendant deux ans avec en point d’orgue quelques belles dates dans les Zéniths aux côtés de Trust, il était temps pour Jérôme Legrand au chant et aux guitares, Germain Legrand aux guitares, Lionel Lamouric à la basse, Manu Lajudie à la batterie, Eloi Filloux à la trompette, Florian Dubois au sax ténor et Benjamin Chimol au trombone de prendre « Le maquis » et d’aller se terrer du côté de Rouen pour y mettre en boite un nouvel opus avec une nouvelle fois la complicité de Seb Chouard à la réalisation. Attention, le port du casque fortement conseillé, si ce n’est obligatoire !
Des textes lucides et engagés juste ce qu’il faut pour encore et toujours rappeler que toute la musique qu’ils aiment, elle vient de là elle vient du punk, des riffs tendus comme des strings pour mieux mettre en avant le côté éminemment racoleur d’une paire de guitares qui défouraille plus que de raison, une voix qui en impose avec son placement très juste entre le cri de rage et le cri de guerre, il ne manque rien, mais alors vraiment rien pour que chaque couplet, chaque refrain, chaque chanson en somme soit un hymne en puissance. Si les fondations restent globalement les mêmes que sur « Contre temps », les habillages diffèrent parfois quelque peu avec en prime des apports d’electro pas dénués d’intérêt comme sur « Changer le Monde ». Sans doute un peu moins ska et en même temps un peu plus punk, la dizaine de compos couchée sur « Le maquis » tient solidement au corps et à la platine, des titres comme « Un homme t’appelle », « Le tambour », « Cité mondaine » ou « Assez » s’attachant à chaque instant à faire contraste avec des mélodies parfois un peu plus tempérées, du moins en apparence puisque si la forme diffère un peu, le fond reste toujours délibérément le même. Solidement attaché à la scène indé française, nos Super Héros font à chaque instant l’effort de lui rester fidèle non seulement dans le son mais aussi dans l’attitude et si ce nouvel effort est peut être un peu plus fignolé au niveau des détails, des ajouts de guitares dans lesquels on sent que Seb Chouard a parfois mis son grain de sel, jamais le groupe n’a renié ses origines et surtout pas pour espérer à un moment ou à un autre entrevoir « La couleur de l’argent » ! Un groupe héroïque et fait pour le rester longtemps …
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