jeudi, 11 novembre 2010 Knowledge Machine (Metalodic Records - Underclass – 2010) 9 Titres
http://www.caravellus.net/ http://www.myspace.com/caravellus
Technique, vitesse et puissance, voici ce que je vous propose dans la chronique du jour. Je mets à l’honneur, Caravellus qui nous vient tout droit du Brésil. Knowledge Machine, leur second opus, traduit un concept basé sur l’évolution humaine, ses incertitudes et ses mystères avec un côté écolo qui s’inscrit dans l’air du temps, bref, ils sont un peu nos Gojiras brésiliens.
L’instigateur de ce groupe n’est autre que Glauber Oliveira, vous connaissez peut être. Toujours est-il que ce bougre n’a pas seulement du talent, il est une valeur ajoutée pour ces comparses et il n’aura de cesse de nous le prouver dans ses riffs infernaux qui n’en finissent plus de nous étourdir. Si les influences sont claires, les similitudes restent floues, la touche Angra est à peine perceptible. En huit titres, Caravellus nous délivre une musique épique à tendance prog alors comment s’en sortent-ils ? Le constat est plutôt mitigé. Bien sur les titres sont réussis, le talent de composition et celui des zicos sont au rendez-vous sauf que… Hey bien sauf que ce Knowledge Machine n’a pas ce petit quelque chose qui vous scotche au plafond, qui vous émerveille en vous laissant baba.
Deus Ex Machina est un préambule tout à fait atypique avec ses chants d’église suivit par des bruits que l‘on pourrait attribuer à ceux d’un chantier. De prime abord, je me suis imaginé que le groupe poussait un coup de gueule contre la déforestation en Amazonie, il n’en est rien. La production reste inégale et les titres suivants (Corsairs In Black, When The Night Has Fallen) deviennent très rapidement énervants avec des solis réussis certes mais interminables. On en voit plus la fin et c’est particulièrement problématique d’avoir cette impression au début d’un album. C’est d’ailleurs l’instant où la motivation du rédacteur est mise à rude épreuve. Wherever I Am est littéralement pompeux. Va falloir qu’on m’explique pourquoi un groupe de metal quelqu'il soit est toujours poussé par une force mystique à lâcher une ballade qui bien souvent se retrouve coincée par deux titres speed. Ce qui peut s’avérer être le morceau idéal pour un pelotage en bonne et due forme l’est beaucoup moins quand une oreille critique passe par là.
Fort heureusement, tout n’est pas à jeter, Caravellus fait preuve d’originalité en ajoutant à leurs titres une touche folklorique. À ce jeu là, certains morceaux s’en sortent bien. Behind the Mask débute par quelques mots en brésilien et se poursuit sur air de Caboclinho (musique brésilienne) version purement métallique avec des riffs incisifs. La voix de Raphael est d’une qualité indéniable, ses parties sont percutantes notamment sur When The Night Has Fallen.
The Divine Comedy et certainement l’ultime hommage à Dante avant qu’il ne revienne à la vie et participe à un concert de Caravellus. Blague mise à part, les latin lover ne s’en sortent pas trop mal. Dario Grillo (ex-Thy Majestie) fait office de narrateur et récite le début du poéme, s’ajoute à cette prestation, celle de la belle Ana Mladinovici (Magica). Bien que cette chanteuse soit talentueuse, elle n’est pas ici dans son registre et cela s’en ressent.
Knowledge Machine, titre éponyme est de loin le plus abouti, le plus subtil. Nos amis sudistes ont cette habitude d’ajouter de courts passages narratifs. Ne vous y méprenez pas, ce ne sont pas toujours les zicos qui font ses exercices de style. En guise d’intro, nous avons donc le discours d’un journaliste français, Hervé Kempf avec un anglais miteux qui nous parle de la destruction de la planète par les riches. Autant vous prévenir, la musique est en perpétuelle transformation, provoquant une sensation de liberté totale de la part de nos brésiliens, amenant ainsi l’auditeur dans un registre power et progressif. Ici, tous les artifices sont lancés pour nous émerveiller. Pour cette pièce maîtresse de leur album, les zicos en habiles prestidigitateurs utilisent tout ce qu’ils savent faire de mieux, le tout joué avec une facilité déconcertante.
Caravellus nous propose dans ce second album, un tableau sombre et pertinent sur notre monde. S’il est essentiel de souligner le potentiel de ces latin lover, il n’en demeure pas moins que les effets artistiques démesurés alourdissent la qualité générale de l’album.
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