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CAHORS BLUES FESTIVAL 2011 (46) pdf print E-mail
Ecrit par Yann Charles  
dimanche, 31 juillet 2011
 

CAHORS BLUES FESTIVAL 2011
ESPACE BESSIERE – CAHORS (46)
Du 9 au 16 juillet 2011

http://www.cahorsbluesfestival.com  

Retrouvez toutes les photos de Yann Charles sur http://www.myspace.com/isayann  
Retrouvez toutes les photos d’Elodie Fargeaudoux sur http://www.liveandco.net/ 

Remerciements : Robert Mauriès, Elo, Isa, France Blues, Blues Mag, Blues & Co, tous les amis pour cette belle fête. Et bien sûr toutes celles et ceux qui œuvrent dans l'ombre, bénévolement, pour la réussite de ce Festival !

Bon dire que le Cahors Blues Festival 2011 est un grand crû, c'est déjà facile comme introduction, car grand crû et Cahors, bon ça va ! Mais surtout parce que cette année était particulière car c'était la trentième édition de celui qui est l'un des plus anciens festivals de France ! 

Grand crû également car à grands évènements, grands noms. Et là aussi, on peut dire que les organisateurs ont bien fait les choses. Une ouverture avec une légende du blues en la personne de Johnny Winter pour un très bon concert qui a permis à toutes et tous de voir l'un des grands hommes qui ont fait que le blues est ce qu'il est maintenant. Sûrement aussi l'une des soirées le plus émouvantes aussi car il faut se souvenir que Johnny Winter était il y a encore quelques temps très gravement malade. Le voir, là, rentrer seul, debout sur la scène, avait de quoi vous faire dresser les poils sur les bras.

Afin que le début de ce festival marque définitivement les esprits, c'est avec un autre "guitar hero" qu’il a commencé, une des grandes légendes du blues et du blues rock, Warren Haynes, guitariste du mythique groupe Allman Brother Band, mais aussi de Gov't Mule. Du très gros son, de la guitare qui vous retourne véritablement, on ne pouvait rêver meilleur début. Et surtout, le public a répondu présent dès le premier jour, ce qui prouve bien que le Cahors Blues Festival attire de plus en plus de spectateurs.

L'une des caractéristiques de Cahors, c'est que la majorité des concerts proposés sont gratuits et c’est donc une formidable opportunité pour de nombreux groupes de se faire remarquer, non seulement par le public mais aussi par pas mal de professionnels de la musique mais aussi de la presse. Tous les jours, à partir de 17 heures, le Village du Blues ouvrait ses portes pour quelques moments savoureux, non seulement musicaux mais aussi conviviaux et joyeux. Quand en plus le beau temps se met de la partie, que les chauds rayons de soleil laissent place à cette belle ombre qui rafraichit légèrement ce début de soirée, que les verres de vin ou de bière (avec modération bien entendu) s'échangent entre amis, alors là, oui, on mesure totalement ce qu'est un festival populaire. Les groupes de tous horizons et de tous styles de blues se succèdent jour après jour devant un parterre de curieux certes, mais aussi de personnes qui connaissent bien le blues et ses subtilités.

D'ailleurs, vous pourrez découvrir tous les groupes qui se sont produits sur cette scène dans un report spécialement consacré au Village du Blues. Quelques bons moments de découvertes aussi avec le concert de Rachelle Plas, gagnante du Tremplin 2010 qui se produisait sur la grande scène pour la plus grande joie du public. Un public, mais pas que, médusé par les progrès énormes accomplis par la jeune femme depuis l'an passé. Que ce soit à l'harmonica, au chant ou sur sa présence scénique, elle a offert un somptueux spectacle, plein de puissance et d'énergie. Et avec sa gentillesse et sa disponibilité, elle est vite devenue la coqueluche de tout Cahors. Une belle soirée conclue par Beverly Jo Scott, elle aussi grande dame de la chanson, plus orientée folk, mais aux mélodies qui ont ravi les spectateurs.

Une autre tradition à Cahors, autre que le foie gras et le magret, c'est la master class qui est proposée aux élèves de l'Ecole de Musique … Et pour cette édition 2011, c'est Drew Davies, le saxophoniste, qui est venu donner quelques enseignements à des élèves de tous âges et surtout très studieux. Le tout se terminant par un concert donné devant amis et parents, là aussi dans une superbe ambiance.

Tous les ans arrive sur scène un OVNI, un artiste presque venu de nulle part qui, par son talent et sa classe, épate et même "scotche" véritablement les spectateurs, même les plus avertis. Cette année, l'OVNI en question nous est venu d'Irlande en la personne de Johnny Gallagher. Une masse, une sorte de gros ours que l'on pourrait croire ténébreux alors qu'en vérité c'est tout le contraire. Rieur, amuseur, d'une grande gentillesse, mais surtout flanqué d'un talent de guitariste qui pourrait, et fera de lui sûrement l'un des "guitar heroes" à venir. Un jeu à la fois puissant et fin, du gros son rock, blues rock, et des ballades où résonne toute sa culture irlandaise et celtique. Des compositions inédites, des reprises agrémentées de sa touche personnelle, comme ce « Hey Joe » de Hendrix qui a réussi à faire rester sous la pluie tous les spectateurs subjugués par son jeu. Un grand, un très grand moment.

Mais que dire de la suite de cette soirée, où, chapeautés par de grands noms du blues français avec à leur tête le talentueux guitariste Fred Chapellier, le grand harmoniciste Nico Wayne Toussaint et en invité surprise Michaël Jones, arrivent sur scène tous les nouveaux jeunes talents du blues français. On retrouve parmi eux bien entendu Rachelle Plas dont « La Grange » partagée avec Fred Chapellier résonne sûrement encore sur la Place Bessière, puis c'est au tour de Charlie Fabert, lui aussi guitariste émérite, de venir faire pleurer son instrument de la plus belle des manières … Et on conclut avec celle qui avait été révélée sur cette même scène l'année précédente, Nina Attal, avec ses morceaux soul et blues pleins de groove. Du grand, du très grand spectacle, avec des échanges magnifiques entre tous ces musiciens, une rencontre explosive entre les harmonicas de Rachelle et de Nico Wayne Toussaint, les riffs ravageurs de Charlie et de Fred Chapellier, le tout agrémenté par un Michaël Jones épaté par tant de talents. Et bien sûr, car il ne pouvait pas rester indifférent à tout ça, la venue de Johnny Gallagher pour un final grandiose devant un public enchanté par tant de classe.

Le 13 juillet est uniquement consacré au Tremplin Découverte. Là aussi c'est un des évènements attendus avec impatience tous les ans par le public. Malheureusement, cette année la pluie est venue quelques peu gâcher cette manifestation qui se passe dans le Village du Blues devant une assistance très nombreuse. C’est donc dans une des salles jouxtant le Village qu'à eu lieu le Tremplin. Et c'est vrai que pour les musiciens, et même pour le public, c'est totalement différent ! Déjà techniquement, il faut tirer un grand coup de chapeau aux techniciens qui ont réussi en quelques heures, à déménager tout le matériel pour offrir la meilleure qualité sonore possible aux candidats.

Cette année, cinq groupes avaient été retenus, et ce sont les Normands de New Line Up qui ont raflé la majorité des prix, dont celui du Festival, ouvrant ainsi les portes de la grande scène pour l'édition 2012. Ce Tremplin fera bien entendu l'objet d'un report spécial à découvrir très bientôt !

Le second grand évènement était attendu le jour de la Fête Nationale avec la venue sur les planches d'une des grandes stars de la musique, Kéziah Jones, pour un concert donné pour l'occasion en acoustique. Bon, il faut être tout à fait honnête car dire que cela a été la fête attendue serait cacher quelque peu la vérité. Sûrement gêné par divers soucis "extra-scéniques" et même si sa prestation a été satisfaisante, le public est resté un peu sur sa faim, voir même un peu frustré avec un concert d'à peine plus d'une heure. Et même si musicalement il faut reconnaître le talent de l'une des plus grandes vedettes actuelles, les gens sont partis avec un sentiment mitigé.

Heureusement, les Anglais de The Hamsters, leur blues rock surpuissant, leur humour typiquement britannique et leur show fait de reprises de ZZ Top, de Jimmy Hendrix ou de Led Zep agrémentées de compositions aussi puissantes que précises ont terminé cette journée de fort belles manières. Il faut dire que le trio a de l'expérience et que musicalement ils ont enthousiasmé les spectateurs avides de gros sons et de fêtes.

Une autre grande tradition spécifique à Cahors, c’est le "Blues dans la Ville" qui se déroule généralement le vendredi soir, avant la fin du festival, et qui permet de se promener au fil des rues et au gré de ses envies musicales. Le blues est partout, les gens se baladent dans une atmosphère de fête et de joie. Rires, convivialité, les terrasses des cafés sont pleines, les restaurants accueillent tant bien que mal tous les spectateurs pour une belle nuit de musique et de danse. Un grand moment !

Pour se finir de la plus belle des manières, un festival doit pouvoir offrir à ses spectateurs, fidèles depuis de nombreuses années, une soirée de clôture qui fera que vous aurez envie de venir l'année d'après pour revivre de tels moments. Et avant d'accueillir celui que beaucoup attendaient depuis très longtemps sur une scène, c'est encore avec un jeune et talentueux artiste français qu'allait débuter cette soirée. Charles Pasi est un harmoniciste très doué, et surtout doté d’une voix superbe, pleine de rythme et de groove. Des compositions qui oscillent entre blues, mais aussi soul et funk. On retrouve en fait toutes les racines de ces musiques dans le blues. Un superbe concert, des musiciens de grands talents dont Jo Champagnon à la guitare qui a épaté plus d'un spectateur présent. Charles Pasi est, encore, (et c'est tant mieux) un de ses nouveaux talents français qui prouvent que le "blues à la Française" se porte plutôt bien.

Et l'apothéose finale qui réunit autant de spectateurs fans de blues que de public venu uniquement pour voir celui qui en a fait rêver plus d'un : Louis Bertignac ! Un concert énorme, que ce soit avec les titres de son nouvel album et surtout avec les reprises des chansons mythiques de Téléphone que toute la place Bessière reprenait en chœur d'une seule voix. Un grand, un très grand moment de partage, de communion, et sûrement beaucoup d'émotion pour tout le monde, devant mais aussi sur la scène. Du rock brut, pur, un Bertignac des grands soirs, plein d'humour, de simplicité, autant dans ses chansons que dans son jeu, et pour vraiment finir en beauté, un duo improvisé avec Charles Pasi et un « Whole Lotta Love » explosif !

En conclusion de cette édition 2011, on pourra confirmer que Cahors Blues Festival est et restera l'un des grands festivals populaires de l'été. L'affluence cette année risque d'être l'une des plus importantes de l’histoire du festival puisque des concerts comme Johnny Winter ou Louis Bertignac ont affiché des records de fréquentation.
Et pourtant, ce n'est pas cela qui a empêché cette manifestation de garder son côté familial, son accueil et sa convivialité qui ont fait et font encore sa réputation. Quelques polémiques ne manqueront pas de venir dire que cette édition a été aussi la plus rock, mais l'évolution dans la programmation n'a pas, à mon sens, fait perdre son âme au Cahors Blues Festival.

Merci à toutes ces personnes qui se sont démenées pour pouvoir recevoir autant de spectateurs et de musiciens dans de belles conditions et avec ce bel esprit festif et cet accueil propre à la région et à la ville. Vivement l'année prochaine qui sera, sûrement, encore meilleure que cette année.

Yann Charles & Elodie Fargeaudoux – juillet 2011