Third route

(Spona – 2026)  

Durée 33’39 – 9 Titres 

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Il existe des groupes qui se forment dans l’urgence, d’autres dans l’euphorie, et puis il y a ceux qui naissent d’une évidence, celle de musiciens aguerris qui sentent qu’il est temps de mettre en commun leurs histoires, leurs influences et leur maturité. BE HA VE fait partie de ceux-là. Formé autour de personnalités bien ancrées dans la scène croate, le groupe réunit Davor Bunčić au chant, harmonicas et guitares, Zoran Haraminčić et Gvozden Šopp aux guitares, Miroslav Bjelajac à la basse, Milivoj Štimac aux claviers et Krešo Randić à la batterie.  

Tous ont roulé leur bosse dans divers projets, mais c’est ensemble qu’ils trouvent une cohérence nouvelle avec un blues moderne, ouvert, qui n’a pas peur de flirter avec le rock, la pop, le folk ou même le western cinématographique. BE HA VE ne cherche pas à reproduire un héritage, il préfère le prolonge, le tordre, le colorer, le réinventer.  

Leur musique respire la complicité, l’écoute mutuelle, et cette capacité rare à laisser chaque instrument trouver sa place sans jamais écraser l’autre. Et lorsque les mots se bloquent ou que les notes hésitent, le groupe sait s’entourer d’amis, des familles, des partenaires de route… BE HA VE revendique une création collective, nourrie de soutien, de conseils et d’une bienveillance qui transparaît dans chaque morceau.

Avec « Third Route », BE HA VE signe un disque qui ressemble à une carte routière pleine de bifurcations, de chemins secondaires et de panoramas inattendus. Neuf titres, neuf ambiances, mais une seule ligne directrice, la liberté.

L’album s’ouvre sur « I Don’t Care », un morceau qui pose immédiatement le décor avec des riffs nerveux, un chant affirmé, une énergie brute. On sent le groupe sûr de lui, prêt à avancer sans se retourner. « The Act » poursuit dans cette veine rock-blues tendue, avec une guitare qui mord et une section rythmique qui avance comme un train lancé.

Avec « Writing Blues In Progress », le groupe dévoile une autre facette, celle d’un blues en construction, volontairement mouvant, et enrichi par la guitare de Goran Vuković et les chœurs d’Hrvoje Šolić. « Blues No More » joue sur une tension subtile, celle d’un blues qui s’éloigne de ses codes tout en les respectant, avec la guitare invitée de Robert Kušen qui apporte une couleur supplémentaire.

« Your Own King » s’impose comme l’un des titres les plus affirmés du disque, avec un refrain qui reste en tête et une construction très maîtrisée. Puis vient « Catman Blues », où la voix de Marina Kušen apporte une sensualité et une profondeur inattendues. Le morceau groove, ronronne, griffe… exactement comme son titre le suggère.

Avec « So Behave », Bunčić revient à un blues-rock plus direct, mais enrichi par une flûte inattendue signée Branko Požgajec, qui donne au morceau une couleur presque psychédélique. « Spaghetti Western Hero » est un véritable clin d’œil cinématographique avec des guitares réverbérées, une atmosphère poussiéreuse, un héroïsme ironique… On y voit presque défiler les paysages.  

L’album se clôt sur « Pia’s Song », une composition qui s’aventure vers des territoires plus orchestraux avec clarinette, saxophone, trombone, trompette… une véritable petite fanfare menée par Branko Ovčarić, Anita Gossain, Petar Dalić et Ivan Perković. Le résultat est lumineux, presque cinématique, et offre une conclusion inattendue mais parfaitement cohérente.

« Third Route » est un album empreint de générosité. Celle des compositions, des arrangements, des invités, mais aussi celle de l’intention. BE HA VE cherche avant tout à partager, à raconter des histoires, à faire vivre un blues moderne, vivant, qui n’a pas peur de sortir des sentiers battus. Un album qui respire l’amitié, la confiance, la passion. On y entend des musiciens qui jouent ensemble, vraiment ensemble, et qui savent que la musique est avant tout une affaire de liens.  

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