Diamond hour
(Autoproduction – 2026)
Durée 38’36 – 10 Titres
Charmian Devi est une de ces artistes qui avancent dans la musique comme on avance dans la vie, avec une intensité farouche, une lucidité presque brûlante, et cette capacité rare à transformer les cicatrices en éclats. Chanteuse, autrice-compositrice et figure singulière de la scène alternative nord-américaine, elle a longtemps évolué dans l’underground montréalais avant de tracer sa propre voie, entre rock poétique, folk électrique et éclats de soul noire.
Avec The Raven, son nouveau groupe formé autour d’un noyau de musiciens complices, elle ouvre un chapitre inédit, plus affirmé, plus incarné, plus libre. L’été 2026 marquera d’ailleurs leur premier envol sur scène, avec deux concerts très attendus au Royaume-Uni, sa nouvelle terre d’adoption, pour célébrer la sortie de son premier album solo, « Diamond Hour ».
Née au Canada, nourrie par les scènes de Montréal et d’Ottawa, Charmian Devi a toujours évolué dans un environnement où les frontières musicales n’avaient rien de fixe. Son écriture, à la fois introspective et tranchante, s’est construite au fil de collaborations, de voyages et d’une curiosité insatiable pour les musiques qui racontent quelque chose de vrai.
C’est cette quête d’authenticité qui l’a menée jusqu’à New York, où elle a trouvé un terreau fertile pour faire éclore « Diamond Hour ». Entre New York State, EastSide Sound à Manhattan, Montréal et Ottawa, l’album s’est façonné comme un carnet de route sonore, traversé par les vibrations de chaque lieu.
Autour d’elle, un cercle de musiciens d’exception, Tony Garnier (Bob Dylan) à la contrebasse, Dan Hickey (B‑52’s, Cyndi Lauper, They Might Be Giants) à la batterie, Lenny Kaye (Patti Smith Group) et Connor Kennedy (Steely Dan) aux guitares, Brian Marsella (John Zorn) aux claviers ou encore Steve Shelley (Sonic Youth) à la batterie. A la production, on trouve un trio qui en dit long sur l’ambition du projet, Charmian Devi elle-même, mais aussi Tony Garnier et Marc Urselli (Laurie Anderson, Nick Cave, Lou Reed, John Zorn).
Sorti en mai 2026 en digital, « Diamond Hour » est un album qui ne cherche jamais à séduire par facilité. Il avance avec une élégance rugueuse, une tension permanente entre fragilité et puissance, entre murmure et incantation.
Dès les premières mesures, on comprend que Charmian Devi ne raconte pas des histoires mais qu’elle raconte sa propre histoire. Sa voix, légèrement voilée mais d’une précision émotionnelle redoutable, porte chaque mot comme un aveu ou une mise en garde.
Charmian Devi excelle dans l’art de la chanson‑confession, mais sans jamais tomber dans l’intime gratuit. Ses textes parlent de reconstruction, de lucidité, de désir de lumière malgré les ombres persistantes. Chaque morceau semble être une étape d’un parcours intérieur, une manière de dire voici ce que j’ai traversé, voici ce que j’en fais maintenant.
« Diamond Hour » n’est pas un disque de débutante, c’est un disque de maturité. Un album qui assume ses influences tout en affirmant une identité singulière, portée par une artiste qui sait exactement où elle veut aller. Avec lui, Charmian Devi signe un premier album solo d’une force rare, à la fois intime et universel, porté par une équipe de musiciens et de producteurs d’exception.
Son arrivée sur les scènes britanniques cet été 2026 pourrait bien marquer le début d’un nouveau chapitre pour une artiste qui, après des années d’exploration, semble avoir trouvé son point d’équilibre. Un disque à écouter, à ressentir, à laisser infuser longtemps après la dernière note.