Unexpected
(Stryckhnine Recordz – 2026)
Durée 38’40 – 10 Titres
https://www.facebook.com/jeuneseniorweekend
Il y a des groupes qui se prennent au sérieux avant même d’avoir trouvé un local de répète. Et puis il y a Jeune Senior Weekend, une formation perpignanaise née en 2022, qui a préféré commencer par se marrer. Leur premier coup de génie ? Ne pas avoir de batteur. « Ce qui est bien avec un groupe qui n’a pas de batteur, c’est qu’on n’est pas obligé de l’écouter parler », lâchent-ils volontiers. Le ton est donné, chez eux, l’humour est une arme, la dérision un carburant, et la boîte à rythme une bénédiction.
Leur nom ? Jeune Senior, c’est parce qu’ils sont est encore jeunes et pas tout à fait seniors, et Weekend parce qu’ils adorent les week-ends. Mais derrière la blague, il y a une vraie esthétique, un indie rock 80’s qui mélange les élans nerveux du post‑punk, la pulsation synthétique de la pop mélancolique, et l’énergie libératrice de la danse, c’est d’ailleurs eux-mêmes qui le disent. Une musique so British, qui rappelle les temps où New Order ne faisait pas encore de soupe lyophilisée, et où la Brit Pop n’était pas devenue une machine à cash-revival …
Alors le groupe refuse les étiquettes. Catégoriquement ! Pas de garage rock, pas de revivalisme paresseux. Juste cinq potes qui veulent se faire plaisir et provoquer une communion immédiate avec le public. Leur devise ? Quand le concert commence, le reste n’existe plus.
Leur premier album, « Unexpected », porte bien son nom. Enregistré au Pyrénéon par Raph Dumas, dans un studio installé directement dans la salle de concert, il a été capté en deux sessions, pour conserver l’énergie brute du groupe. Et cette énergie, on l’entend dès les premières secondes puisque le quintet impose directement sa signature avec une boîte à rythme froide comme un néon, une basse qui pulse, des guitares qui tranchent, et cette mélancolie lumineuse qui traverse tout le disque.
C’est un album qui danse sur un fil tendu, oscillant entre tension post‑punk et sensualité pop. Jeune Senior Weekend convoque les années 80 sans jamais tomber dans la reconstitution. Leur son a cette patine nostalgique, mais jamais poussiéreuse. On pense à New Order, à The Charlatans, à ces groupes qui savaient faire danser la tristesse. Mais ici, tout est réinjecté dans une énergie contemporaine, brute, presque animale. La boîte à rythme donne cette touche electro algide, les guitares apportent la chaleur, les synthés ouvrent des espaces.
C’est un disque qui avance, qui respire, qui frappe. Avec « Unexpected », Jeune Senior Weekend signe un premier album à la fois instinctif et maîtrisé, drôle et sombre, dansant et mélancolique. Un disque qui rappelle que la nostalgie peut être un moteur, pas un refuge. Un disque qui prouve qu’à Perpignan, on sait encore faire de la musique qui surprend. Et surtout un disque qui donne envie de les voir sur scène, là où tout prend feu !