Parables

(Braak Records – 2026)  

Durée 21’00 – 6 Titres 

https://www.facebook.com/KingseekerBand

Né dans le district d’Oslo en 2021, Kingseeker a rapidement imposé sa signature dans le paysage metalcore scandinave avec une énergie brute, une volonté farouche de rester organiques dans un monde saturé de productions aseptisées, et une manière très personnelle de mêler agressivité, mélancolie et tension émotionnelle. Le quatuor composé de Jan Magne Abel Opsahl au chant, Emil Bringsli aux guitares, Tor André Torgersen à la basse et Simen Granum à la batterie a bâti sa réputation sur scène, où l’intensité de ses concerts a été saluée par plusieurs médias underground. 

Après « Daily Reminders » en 2022 et « Passing Moment Caught Forever » en 2024, Kingseeker franchit un cap décisif avec « Parables », un EP de six titres paru début août. Un disque qui ne se contente pas d’affiner leur identité mais qui la pousse dans ses retranchements, l’étire, la fissure, et la reconstruit sous une forme plus moderne, plus lourde, plus viscérale.

Dès les premières secondes, « Parables » annonce la couleur, ce sera leur œuvre la plus lourde, la plus moderne, mais aussi la plus émotionnellement frontale. Le groupe le dit lui-même, nous voulions que tout paraisse aussi organique et authentique que possible.

Cette quête d’authenticité se traduit par un choix rare aujourd’hui, authenticité des guitares, amplification méticuleuse, refus des raccourcis numériques. Le son respire, vibre, vit. Rien n’est lisse, tout est incarné.

Sur le plan thématique, « Parables » explore les récits fragiles que l’on se raconte pour survivre, le deuil, la dépression, l’isolement, la mémoire qui s’efface, les relations toxiques, et ce choix terrible entre affronter la réalité ou s’y soustraire. Malgré cette noirceur, l’EP cherche constamment une lueur, la résilience, la possibilité de se relever, la force de continuer.

Chaque morceau dévoile une facette différente du groupe, comme si Kingseeker avait décidé de cartographier ses propres contradictions. « Eldritch Horrors » offre une ouverture écrasante où la violence se fait catharsis. Le metalcore des années 2000 rencontre la dureté du hardcore moderne. « Lovelorn » est assurément le titre le plus expérimental avec synthés, mélancolie diffuse, et une approche presque cinématographique. 

Après « Inconsistent Internal Logic », interlude atmosphérique, respiration nécessaire dans un disque qui ne cesse de serrer le poing, on découvre avec « Suspension Of Disbelief » des paysages sonores plus vastes, presque progressifs, où la tension se construit par couches successives. 

Puis arrivent « Fables And Fairytales », un titre où le groove domine, comme une manière de remettre le corps en mouvement après les secousses émotionnelles précédentes, et enfin « Faded Memories », un final lumineux, qui laisse entrevoir l’espoir malgré les ruines.

Avec « Parables », Kingseeker signe son projet le plus abouti, un EP féroce mais vulnérable, agressif mais mélodique, où chaque riff semble porter une cicatrice et chaque ligne vocale une vérité difficile à dire. Le groupe prouve qu’il est possible d’être moderne sans être stérile, lourd sans être caricatural, émotionnel sans être fragile.

Dans un paysage où beaucoup de productions heavy se ressemblent, Kingseeker avance à contre-courant, plus humain, plus brut, plus vrai.

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