LES BARONS DU SON 2026
CHATEAU GAUTHIER GIFFARD – LONGUEVILLE-SUR-SCIE (76)
Le 27 juin 2026
La troisième édition des Barons du Son était très attendue ce samedi 27 juin à Longueville-sur-Scie. Six groupes figuraient à l’affiche, avec en tête d’affiche Axel Bauer, dans le magnifique parc arboré du château, un véritable havre de fraîcheur en pleine période de canicule. Tout est prêt. Il est 16 heures, les portes devraient ouvrir… mais rien ne se passe. Une panne informatique, provoquée par les dégâts causés par l’orage de la veille sur le système Starlink, empêche le contrôle des billets. Le public patiente à l’extérieur tandis que les techniciens tentent de trouver une solution. Pendant ce temps, Axel Bauer effectue sa balance, alors que les autres groupes attendent toujours de pouvoir accéder à la scène.


Après plus d’une heure de retard, les festivaliers peuvent enfin entrer dans l’enceinte du château. C’est Asphalte, vainqueur du tremplin Fury Défendu, qui ouvre finalement les festivités avec près de deux heures de décalage.




Originaire de Rouen et du Havre, le groupe défend un rock exclusivement composé de créations originales chantées en français. Formé en 2008, Asphalte avait publié un premier EP en 2014 avant une longue interruption. De retour avec un nouveau line-up, il signe aujourd’hui un nouvel album, Boxon intégral. Les influences de Noir Désir, Saez ou Eiffel transparaissent dans une prestation énergique qui constitue une belle découverte.




À peine la scène libérée, Jarl prend place. Nouvelle installation, nouvelle balance… près d’une heure supplémentaire est nécessaire avant le début du concert. Malgré ces contretemps, le public garde le sourire, une boisson à la main, profitant simplement de l’ambiance estivale.




Jarl n’a plus grand-chose à prouver. Le groupe possède désormais son fidèle noyau de fans, facilement reconnaissables à leurs tee-shirts. De retour d’une tournée américaine qui l’a mené de Nashville à Chicago, il vient défendre son nouvel album « Escape from the Dust ».



Entre country, folk et rock, les compositions, inspirées de l’univers des frères Coen ou de Quentin Tarantino, nous embarquent sur la mythique Route 66, dans le Grand Canyon ou au cœur des grands espaces américains. Tantôt acoustiques et mélancoliques, tantôt puissantes et rugueuses, elles reflètent parfaitement l’identité d’un groupe pourtant bien normand.






Après une nouvelle pause technique, Bloody Claps entre en scène. Seulement deux musiciens : un batteur et un guitariste-chanteur. Une formule minimaliste qui rappelle parfois Kokomo. Peu de fioritures, des riffs massifs, une énergie brute : du rock dans ce qu’il a de plus direct. Une prestation taillée pour les amateurs de sonorités lourdes et d’atmosphères électriques.


La nuit tombe enfin. L’heure est venue d’accueillir Axel Bauer. Le public se rapproche de la scène. Au programme : plusieurs morceaux de son dernier album « Grand 8 », mais aussi les incontournables « Éteins la lumière », « Cargo » ou encore « A ma place ». Quarante ans de carrière, huit albums solo et un combat personnel contre la maladie n’ont en rien entamé son énergie. Sa guitare reste le prolongement naturel de son jeu de scène. Le public reprend les refrains en chœur et explose de joie lorsque résonnent ses plus grands succès. Quelques gouttes de pluie viennent rafraîchir une atmosphère devenue étouffante. Personne ne se doute encore que le pire est à venir. Axel Bauer quitte la scène sous les applaudissements d’un public conquis.




Orange Yeti commence à peine son concert lorsque le ciel s’assombrit brutalement. En quelques minutes, un violent orage s’abat sur le château. Les rafales arrachent plusieurs tentes, la pluie envahit la scène et un court-circuit impose l’arrêt immédiat des concerts. Par mesure de sécurité, les organisateurs décident d’évacuer le site. La soirée s’achève prématurément. Orange Yeti et DoorShan ne pourront malheureusement pas jouer. Une immense frustration pour le public comme pour les artistes, avec l’espoir de les retrouver lors d’une prochaine édition.




Dans un communiqué publié dès le lendemain, les organisateurs ont tenu à rappeler que les nombreux incidents de la journée étaient exclusivement liés aux intempéries. Après les dégâts provoqués par l’orage de la nuit précédente sur le matériel informatique, puis l’orage du soir qui a rendu la scène dangereuse, ils ont insisté sur un point : aucun des artistes programmés n’est responsable de ces retards ou de cette interruption. Malgré une météo décidément hostile, cette troisième édition des Barons du Son aura démontré une chose : ni les musiciens, ni les bénévoles, ni le public n’ont perdu leur passion. La musique n’aura été interrompue que par les éléments.
Evelyne Balliner – juillet 2026