Chance worth taking
(Autoproduction – 2026)
Durée 60’10 – 14 Titres
Originaire de Carencro, en Louisiane, Marc Broussard naît en 1982 au cœur d’un environnement musical foisonnant. Fils du guitariste Ted Broussard, membre des légendaires Boogie Kings, il grandit dans une atmosphère où le R&B classique, le rock, la soul et les sonorités du Sud se mêlent naturellement. Très tôt, il forge son identité artistique au sein de la scène vibrante de Lafayette, où il se produit dès l’adolescence.
Son style, qu’il qualifie de bayou soul, est un mélange organique de funk, de blues, de R&B, de rock et de pop, porté par une voix rauque et chaleureuse qui semble puiser à la fois dans Otis Redding et dans les eaux troubles du Mississippi. Au fil de sa carrière, Broussard publie douze albums studio, un album live et trois EP, tout en apparaissant dans de nombreuses émissions télévisées américaines.
Révélé au grand public en 2004 avec « Carencro » et son single « Home », il s’impose comme un artiste capable de conjuguer tradition et modernité. Après plusieurs albums chez des majors, il revient progressivement à une démarche plus indépendante, multipliant les projets originaux et les reprises au profit de sa fondation caritative SOS (Save Our Soul).
Avec « Chance Worth Taking », paru en avril dernier, Marc Broussard franchit une étape majeure, pour la première fois, il livre un album entièrement composé de titres originaux blues et soul. Un pari audacieux, mais parfaitement aligné avec son ADN musical.
Dès les premières mesures de « You’ll Be Sorry », le ton est donné avec un shuffle blues inspiré d’Elmore James, une voix habitée, et surtout la présence flamboyante de Joe Bonamassa, qui co-produit l’album aux côtés de Josh Smith et Calvin Turner. Ce dernier signe également dix des compositions et orchestre des arrangements de cordes et de cuivres somptueux. Le résultat est un disque dense, généreux, où chaque piste semble taillée pour la scène.
« Trying To Do Right », porté par un riff de guitare magistral de Bonamassa, illustre parfaitement la tension émotionnelle qui traverse l’album. Broussard y chante la lutte intérieure entre bonnes intentions et erreurs répétées, un thème universel, sublimé par une interprétation viscérale.
Plus loin, « No More » dévoile une ballade blues déchirante, où la guitare semble littéralement pleurer. « Fever » offre un groove de roadhouse moderne, tandis que « Let Me Take You Out Tonight » convoque l’esprit de B.B. King avec un swing élégant. L’album se clôt sur une explosion festive avec « Laissez Les Bons Temps Rouler », co-écrit avec Trombone Shorty, véritable hommage à l’énergie de Mardi Gras.
Ce qui marque le plus dans « Chance Worth Taking », c’est la cohérence de l’ensemble malgré la diversité des atmosphères. Broussard, déjà reconnu pour sa capacité à canaliser l’esprit du R&B classique dans une esthétique contemporaine, semble ici trouver un nouveau territoire d’expression. Sa voix, plus rugueuse et expressive que jamais, s’épanouit pleinement dans ce répertoire blues taillé sur mesure.
L’album est aussi le fruit d’une collaboration exceptionnelle avec Bonamassa, Smith, Turner, Wynans, Trombone Shorty… Une véritable dream team du blues moderne ! Leur contribution confère à l’album une profondeur instrumentale rare, entre solos incandescents, cuivres festifs et grooves irrésistibles.
« Chance Worth Taking » n’est pas seulement un nouvel album dans la discographie de Marc Broussard, c’est la révélation d’un artiste qui, après avoir exploré la soul, le rock et les reprises caritatives, embrasse pleinement le blues avec une sincérité et une maîtrise impressionnantes. Un disque vibrant, généreux, profondément humain, et sans doute l’un des plus aboutis de sa carrière.
Si Marc Broussard cherchait un « risque qui en valait la peine », alors ce pari est largement gagné.