ROGER « HURRICANE » WILSON 

Live at Hopson Hospitality 2026

(Autoproduction – 2026)  

Durée 73’39 – 15 Titres 

https://hurricanewilson.com

Il y a chez Roger “Hurricane” Wilson une constance rare, celle des artistes qui n’ont jamais cessé de tracer leur route, guitare en bandoulière, avec la conviction que le blues n’est pas seulement une musique, mais une manière de vivre. Né en 1953 à Newark, New Jersey, il grandit sur la côte, bercé par Elvis et Tennessee Ernie Ford, avant qu’un événement fondateur ne vienne marquer son enfance lorsque la ville fut détruite par l’ouragan Donna. Ce traumatisme, devenu symbole, lui collera à la peau jusqu’à inspirer son futur surnom.

A neuf ans, il débute la guitare, déjà attiré par les sons qu’il tire instinctivement de son instrument. L’arrivée des Beatles en 1964 agit comme un électrochoc, Roger comprend que la guitare sera son langage. Les années suivantes le voient absorber les influences majeures du rock et du rhythm’n’blues, puis tomber amoureux du blues profond de B.B. King, dont les notes vibrées deviennent pour lui une révélation.  

En 1971, un autre moment décisif survient, il se retrouve à deux mètres de Duane Allman lors d’un concert à Atlanta et, du haut e ses 17 ans, est littéralement emballé. Dès lors, il n’a plus qu’une obsession, jouer, comprendre, remonter aux racines du blues. Robert Johnson, Willie McTell, Elmore James… il dévore tout.

Installé en Géorgie, il enseigne la guitare, fonde plusieurs groupes, joue avec Albert Collins, Dickey Betts, Stevie Ray Vaughan, Roy Buchanan, et multiplie les tournées. En 1993, son producteur lui suggère un surnom mémorable. Le passé refait surface, Roger devient officiellement “Hurricane” Wilson, un nom que l’on peut difficilement oublier.  

Depuis, il a sorti plus de vingt albums, partagé la scène avec B.B. King, Buddy Guy, Hubert Sumlin, Willie “Big Eyes” Smith ou Charlie Musselwhite, tout en menant une carrière parallèle dans la radio, l’enseignement et le programme Blues in the Schools, qui lui vaut une reconnaissance nationale. Aujourd’hui encore, installé à Kennesaw, il continue de jouer, d’enregistrer, et de transmettre. Et son nouvel album, « Live at Hopson Hospitality 2026 », en est la preuve éclatante.

Enregistré en solo le 9 avril 2026 au cœur du mythique Hopson Commissary de Clarksdale, Mississippi, lors du Juke Joint Festival, cet album capture Roger “Hurricane” Wilson dans sa forme la plus dépouillée, la plus vraie. Pas d’artifice, pas de production lourde. Juste un homme, une guitare acoustique, et un public suspendu à chaque note.

Ce disque est un retour aux fondamentaux, mais aussi un hommage à ses influences majeures, Duane Allman, Johnny Cash, Roy Buchanan, clairement revendiquées. On y retrouve ce mélange unique de blues roots, d’Americana et de folk narratif qui fait la signature de Wilson. Sa guitare, précise, vibrante, souvent jouée en fingerpicking, porte chaque morceau comme une conversation intime. 

La force de cet album réside dans sa sincérité. Wilson n’essaie pas de recréer le passé, il le vit. Sa voix, légèrement rocailleuse, raconte des histoires de route, de rencontres, de fidélité au blues. Sa guitare, elle, respire l’expérience accumulée au fil des années de route et des kilomètres dévorés.

L’ambiance du Hopson Commissary, lieu chargé d’histoire, ajoute une dimension presque spirituelle à l’enregistrement. On imagine les planches qui craquent, les regards complices, le silence respectueux avant chaque attaque de corde. Le Juke Joint Festival, véritable célébration du blues live, offre un cadre idéal à cette performance dépouillée mais puissante.

« Live at Hopson Hospitality 2026 » n’est pas un album spectaculaire, c’est un album essentiel. Il rappelle que le blues n’a pas besoin d’amplis, de solos flamboyants ou de grandes orchestrations pour toucher juste. Il suffit d’un artiste habité, d’une guitare bien accordée, de classiques bien maitrisés et d’un lieu où l’histoire du blues continue de vibrer.

Roger “Hurricane” Wilson signe ici un témoignage précieux, un instantané de ce qu’il est, un musicien authentique, un conteur, un passeur. Un homme qui, plus de soixante ans après sa première leçon de guitare, continue de faire vivre le blues avec une passion intacte.

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