Brand new blues

(Autoproduction – 2026)  

Durée 51’13 – 13 Titres 

https://shaunmurphyband.com

Il y a des voix qui traversent les époques comme des phares, éclairant la route du Blues avec une intensité rare. Celle de Shaun Murphy appartient à cette lignée. Depuis qu’elle a foulé la scène du premier Ann Arbor Blues Festival en 1969, un baptême du feu aux côtés de Son House, Muddy Waters, BB King, Freddy King ou encore Lightnin’ Hopkins, sa trajectoire n’a cessé de se nourrir de rencontres fondatrices et d’expériences hors normes. Ce choc initial, cette révélation, a façonné une carrière unique, à la croisée du blues, du rock et de la soul.

Installée en bonne place sur la scène de Detroit, Shaun Murphy mène de front musique et théâtre, décrochant des rôles majeurs dans « Hair » et « Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band On The Road », deux productions Broadway qui lui ouvrent les portes de la Motown. Elle y enregistre « Stoney And Meatloaf », duo devenu culte.

La suite ressemble à un roman américain, Los Angeles, un retour à Detroit, puis l’appel de Bob Seger. Sous le pseudonyme Stoney, elle enregistre « Katmandu » et rejoint l’entourage du Silver Bullet Band, côtoyant Chris Campbell, Alto Reed, Drew Abbott, Jamie Oldaker, Dick Sims et Marcy Levy. Cette dernière la recommande plus tard à Eric Clapton, direction Montserrat pour « Behind The Sun », produit par Phil Collins. Clapton l’invite ensuite sur deux tournées mondiales, un honneur rare, une consécration.

Les années suivantes la voient collaborer avec Little Feat, Bruce Hornsby, Joe Walsh, Glenn Frey, The Moody Blues, John Hiatt, Herbie Hancock… jusqu’à devenir membre à part entière de Little Feat pendant seize ans. Puis, retour aux sources, le blues, celui des grandes dames qu’elle admire, Koko Taylor, Etta James, Big Mama Thornton, Big Maybelle, et auquel elle rend hommage dans « Livin’ The Blues ».

Avec « Brand New Blues », Shaun Murphy ne se contente pas de revenir au blues, elle le revivifie, le recharge, le réinvente avec une énergie brûlante. Dès les premières mesures, on sent une artiste en pleine maîtrise, entourée d’un groupe soudé et inspiré composé de Tom DelRossi, co‑producteur, ingénieur du son et batteur, de Tommy Stillwell aux guitares et pour un duo vocal sur « Why Don’t You Love Me, Like You Used To Love Me », d’Anthony Saddic aux claviers et de Mike Means à la basse. On ajoute TC Davis, manager et co‑producteur, et enfin Jim Loyd au mastering et on obtient une formation compacte, efficace, qui laisse respirer la voix de Murphy tout en lui offrant un écrin puissant.

« Brand New Blues » s’inscrit dans la lignée des influences revendiquées par l’artiste, Etta James, Aretha Franklin, Eva Cassidy, mais avec une signature personnelle, une manière de mêler la rugosité du blues, la chaleur de la soul et une tension rock qui dynamise l’ensemble.

Les compositions originales, souvent co‑écrites avec Tommy Stillwell, témoignent d’une maturité artistique impressionnante. Les guitares sont tranchantes mais jamais envahissantes, les claviers d’Anthony Saddic apportent une profondeur gospel, la section rythmique pulse avec une précision chirurgicale. Et au-dessus de tout cela, la voix de Shaun Murphy, puissante, charnelle, expressive, capable de passer du murmure au rugissement en un souffle.

Avec « Brand New Blues », Shaun Murphy signe l’un de ses albums les plus aboutis, un retour flamboyant à l’essence du blues, porté par une voix qui n’a rien perdu de son éclat. Sa biographie ressemble à une traversée de l’histoire de la musique américaine, et son nouvel album en est le prolongement naturel, vibrant, lumineux.

Un disque pour les amoureux du Blues, mais aussi pour tous ceux qui aiment les artistes qui vivent chaque note comme une vérité.

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