Through storms and rain

(Autoproduction – 2026)  

Durée 41’44 – 10 Titres 

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Si certains groupes se contentent d’interpréter le blues, The Electric Dukes, eux, le vivent. Ils en portent la mémoire, les cicatrices, la ferveur. Depuis ses débuts, le quartet explore les liens profonds qui unissent le blues et la soul, en puisant directement chez les maîtres du genre comme Little Milton, O.V. Wright, Johnnie Taylor, Bobby “Blue” Bland ou Wilson Pickett. Non pas pour les imiter, mais pour prolonger leur souffle, avec une authenticité rare.

Le groupe repose sur une ossature instrumentale d’une précision remarquable avec Nicolas Deshayes à la guitare, Arnaud Gobin à la basse et Cyril Durand à la batterie. Ensemble, ils construisent une assise rythmique solide mais jamais lourde, délicate mais jamais fragile. Une base chaude, organique, qui respire le groove du Sud profond tout en gardant cette élégance européenne propre à la scène nantaise.

Au-dessus de ce trio soudé, la voix et la guitare de Jakez Rolland viennent brûler l’air. Grain éraillé, intensité émotionnelle, présence scénique magnétique, il incarne à lui seul cette soul qui ne triche pas, celle qui raconte les failles, les luttes, les élans. Sur scène comme en studio, il donne l’impression de chanter chaque mot comme si sa vie en dépendait.

C’est dans cette alchimie que s’inscrit leur album « Through Storms And Rain », un disque qui condense l’essence du groupe tout en ouvrant de nouvelles perspectives. Dès les premières mesures, une évidence s’impose, The Electric Dukes ont voulu faire un album qui raconte quelque chose. Pas une simple collection de morceaux, mais une traversée émotionnelle. D’ailleurs le titre annonce la couleur, il sera question de tempêtes, de doutes, de routes longues et mouillées, mais aussi de lumière, de chaleur, de rédemption.

Musicalement, le groupe reste fidèle à son ADN. On retrouve ces guitares chaudes et expressives, cette basse ronde qui porte le chant, cette batterie qui frappe juste, jamais trop, toujours au service du groove. Mais l’album va plus loin, il explore des nuances plus intimes, des respirations plus soul, des tensions plus bluesy.

Les morceaux les plus nerveux rappellent l’énergie scénique du groupe, cette capacité à faire monter la pression jusqu’à la déflagration. Les titres plus lents, eux, dévoilent une profondeur émotionnelle qui surprend par sa sincérité. Jakez Rolland y livre certaines de ses plus belles interprétations, oscillant entre fragilité et puissance, entre murmure et cri.

La production, chaleureuse et respectueuse, laisse respirer chaque instrument. Rien n’est surjoué, rien n’est artificiel. On entend les doigts glisser sur les cordes, les cymbales vibrer, la voix se fissurer, et l’apport de quelques cuivres et d’un orgue Hammond ne fait qu’ajouter un peu plus de relief à l’ouvrage. C’est un album vivant, humain, profondément incarné.

Avec « Through Storms And Rain », The Electric Dukes signent un album qui confirme leur place parmi les formations blues & soul les plus authentiques de la scène française. Un disque qui puise dans les racines du genre tout en affirmant une identité propre, portée par une cohésion instrumentale exemplaire et une voix qui brûle.

Un album qui traverse les tempêtes, c’est certain, mais qui laisse surtout derrière lui une traînée de lumière.

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