Aimant si passion
(Aztec Musique – 2026)
Durée 59’02 – 12 Titres
https://www.facebook.com/therese.henry.927
Bassiste et chanteuse, Thérèse Henry s’est imposée au fil des années comme l’une des voix singulières du jazz parisien contemporain. Formée dans les clubs où se construit la scène vivante, du Baiser Salé au Sunset Sunside, elle a façonné un univers où la basse n’est pas seulement un socle rythmique, mais un véritable prolongement de sa voix et de son écriture. Son identité artistique repose sur un équilibre rare, la précision du groove, la chaleur du chant, et une curiosité musicale qui l’amène à naviguer entre jazz moderne, biguine, latin jazz, mazurkas, rythmes afro et mesures impaires.
Au fil de son parcours, elle s’est entourée de musiciens complices, parmi lesquels le pianiste Thierry Vaton, avec qui elle a collaboré notamment sur l’album « Bel Matjoukann » paru en 2022. Ces rencontres ont consolidé sa place dans un jazz hexagonal qui valorise autant l’improvisation que la narration intime.
Aujourd’hui, Thérèse Henry se produit aussi bien en trio qu’en quartet, dans des formats intimistes où la proximité avec le public devient un élément central de son expression. Ses concerts affichent souvent complet, preuve d’un engouement croissant pour son approche sensible et engagée du jazz.
Avec « Aimant Si Passion », Thérèse Henry signe un album qui ressemble à une confidence murmurée à voix haute, un disque où la mélancolie n’est jamais lourde, mais lumineuse, et où chaque morceau devient un fragment d’introspection porté par un groove organique. Présenté sur scène avec le Thérèse Henry Quartet, Cédric Baud à la guitare, Thierry Vaton au piano et Fabrice Thompson aux percussions, l’album s’impose comme un terrain de jeu où l’improvisation est reine.
Les compositions explorent une large palette de couleurs avec la biguine qui chaloupe, le latin jazz qui embrase, les rythmes afro qui ancrent et les mesures impaires qui surprennent.
Cette diversité n’est jamais gratuite, elle reflète la manière dont Thérèse Henry pense la musique, comme un espace de circulation entre les cultures, les émotions et les corps. L’album invite à danser en s’émouvant, à se laisser porter par des lignes de basse souples, des harmonies chaudes et des percussions qui respirent.
L’artiste qualifie ses chansons de mélancoliques, mais il s’agit d’une mélancolie qui avance, qui cherche, qui transforme. Les textes et les climats sonores évoquent des chemins intérieurs, des passages entre ombre et lumière, des instants suspendus où la voix se fait guide. L’album porte une dimension introspective sans jamais perdre son énergie vitale, un équilibre subtil entre contemplation et mouvement.
Si « Aimant Si Passion » fonctionne parfaitement en écoute domestique, il prend toute son ampleur en concert. Sur scène, les musiciens étirent les formes, ouvrent les espaces, laissent respirer les improvisations. Le quartet devient alors un organisme vivant, mouvant, où chaque interaction nourrit la suivante. Les dates prévues au Sunset Sunside en 2026 témoignent de cette volonté de défendre l’album dans des lieux où l’écoute est profonde et la proximité réelle.
Avec cet album, Thérèse Henry confirme qu’elle est bien plus qu’une musicienne talentueuse, elle est également une conteuse de sensations, une sculptrice de rythmes, une passeuse d’émotions. Son album, riche et généreux, s’inscrit dans la lignée des œuvres qui ne cherchent pas à briller mais à toucher, à relier, à faire vibrer.
Un disque qui parle au cœur autant qu’au corps et qui installe Thérèse Henry parmi les voix les plus attachantes du jazz contemporain français.