Follow you
(Autoproduction – 2026)
Durée 22’13 – 5 Titres
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Il existe encore des groupes qui avancent sans bruit, mais dont chaque sortie marque une étape décisive dans leur trajectoire. The Davidson Trio appartient à cette catégorie rare. Formé autour de trois musiciens soudés par une vision commune, Owen Davidson à la basse et au chant, Ben Bicknell aux guitares et Ellis Brown à la batterie, le trio s’est imposé dès ses débuts comme une formation indépendante à l’identité forte. Leur premier album, « Cougar », avait posé les bases d’un rock sincère, sans artifices, nourri d’influences classiques mais porté par une écriture personnelle.
Avec le temps, les trois musiciens ont ressenti le besoin de revenir à l’essence même de ce qui les unit, une musique qui s’échappe d’eux spontanément quand ils se retrouvent en studio. Cette volonté de renouer avec un son plus brut, plus sombre, plus viscéral, a donné naissance à leur second enregistrement studio, l’EP « Follow You » disponible le 1er mai 2026. Un disque façonné dans l’adversité, comme le raconte le batteur Ellis Brown, entre inondations, pépins de santé, budgets et délais stricts, mais chacune de ces batailles a été gagnée et les obstacles semblent avoir nourri l’intensité de ces cinq nouveaux titres, tous porteurs d’une charge émotionnelle et symbolique forte.
Avec « Follow You », The Davidson Trio signe un EP court mais dense, où chaque morceau explore une facette différente de leurs obsessions musicales et humaines. Cinq titres, une grosse vingtaine de minutes, et une cohérence remarquable.
Le disque s’ouvre sur « Mr Greasy Snake », un titre nerveux, rapide, porté par des riffs massifs et une énergie quasi punk. Le morceau dénonce les gens louches qui jalonnent les parcours artistiques, ces faux alliés qui promettent monts et merveilles pour mieux vous faire chuter. Une entrée en matière explosive, qui rappelle que le trio sait écrire des hymnes rock efficaces sans sacrifier la profondeur du propos.
Premier single dévoilé en mars, « War » est sans doute le morceau le plus marquant de l’EP. Une basse lourde, presque martiale, une guitare plaintive qui serpente comme une menace, et un tempo lent qui installe une tension permanente. Owen Davidson explique que le titre reflète les batailles quotidiennes que nous menons tous. Le résultat évoque Robin Trower, avec une touche psychédélique qui enveloppe l’auditeur dans un climat hypnotique.
Avec « Disillusion », le trio règle ses comptes avec l’industrie musicale. Le morceau s’ouvre sur une démonstration de groove signée Ellis Brown, avant que la guitare de Bicknell ne déploie un riff hendrixien du plus bel effet. Le texte, écrit après une profonde désillusion, observe le milieu musical comme le cirque qu’il est vraiment. Le clin d’œil final à Rage Against The Machine parachève ce titre engagé et cathartique.
Impossible bien entendu de passer à côté de « Song For Phil », hommage évident à Phil Lynott. Les guitares jumelées, le drive rythmique, le solo ciselé, tout respire l’amour du rock irlandais et de Thin Lizzy. Le morceau, inspiré par la vie de Phil Lynott et ses convictions, sonne comme une lettre ouverte, à la fois respectueuse et habitée.
L’EP se clôt sur son titre éponyme, « Follow You », première véritable ballade du groupe. Ecrite à l’origine pour « Cougar », elle trouve ici sa place naturelle. La guitare d’ouverture, évoquant Gary Moore, installe immédiatement une émotion brute. Le texte parle de l’absence, de ceux qui ne sont plus là, de la difficulté à continuer quand on se sent perdu et proche du naufrage. Une conclusion poignante, qui révèle la sensibilité du trio derrière la puissance rock.
Avec cette rondelle, The Davidson Trio signe un EP mature, cohérent et profondément humain. Plus sombre, plus rock, plus viscéral que leurs précédents travaux, ce disque marque un retour aux sources qui sonne comme une renaissance, et surtout la promesse d’un groupe qui n’a pas fini de surprendre.