THORBJØRN RISAGER & THE BLACK TORNADO

Live at Hotel Cecil

(Artone Label Group – Provogue – 2026)  

Durée 96’52 – 18 Titres 

https://risager.info

Né en1971 à Gundsø, au Danemark, Thorbjørn Risager appartient à cette famille rare de chanteurs dont la voix semble sculptée dans le cuir, le whisky et la tendresse. Formé au Rytmisk Musikkonservatorium de Copenhague, il fonde en 2002 le septet Thorbjørn Risager Blue7, rapidement remarqué pour son mélange de blues, soul, jump jazz et rock roots. Dès « Live 2004 », son premier album, la presse spécialisée s’enflamme et parle d’un chanteur capable de réunir Ray Charles, Bob Seger et Joe Cocker dans un même souffle.   

En 2014, le groupe adopte officiellement le nom Thorbjørn Risager & The Black Tornado, affirmant une identité collective forte dans un octet soudé, stable, où les cuivres, les guitares et les claviers forment une machine à groove redoutable. Le groupe accumule les récompenses, Danish Music Awards, Preis der Deutschen Schallplattenkritik, European Blues Awards, et tourne sans relâche avec plus de quinze cents concerts dans vingt-et-un pays, des scènes partagées avec Buddy Guy, Bonnie Raitt ou Tedeschi Trucks Band, et même l’adoubement de Dan Aykroyd, alias Elwood Blues.  

Risager et ses Tornado sont aujourd’hui considérés comme l’une des formations blues/roots les plus puissantes d’Europe, avec un son musclé, élégant, porté par une voix qui raconte la route, les nuits sans fin et les amours cabossées.

Sorti mi-juin dernier, « Live At Hotel Cecil » capture le groupe dans son élément naturel, la scène, le public, la tension électrique d’un soir unique. Enregistré les 28 et 29 novembre 2025 dans le mythique Hotel Cecil de Copenhague, bâtiment Art déco construit en 1936, ancien foyer de la scène jazz et de la lutte pour les droits des femmes, ce live est bien plus qu’un album, c’est une immersion. 

Dès « Already Gone », le groupe impose son autorité, groove serré, cuivres en embuscade, guitare nerveuse, et cette voix qui semble sortir d’un vieux juke joint du Delta. Le son est ample, chaleureux, capté avec une précision qui respecte la sueur et la spontanéité.

« Said I Was Hurt » et « House of Sticks », signés Joachim Svensmark, montrent l’évolution récente du groupe vers un blues contemporain, plus sombre, presque cinématographique. « Insomniac Boogie » rallume la flamme jump-blues, tandis que « Sin City » déroule un mid-tempo poisseux, parfait pour laisser respirer les cuivres.

Le sommet émotionnel arrive avec « Never Givin’ In », long crescendo de près de onze minutes où Risager et ses musiciens sculptent un climat quasi-morriconien. Le public retient son souffle, les guitares murmurent, puis l’orage éclate, c’est la signature du Tornado, cette capacité à faire monter la tension jusqu’à l’explosion.   

La seconde moitié du concert aligne les classiques comme « Hold My Lover Tight », irrésistible soul-blues, « Come On In », qui rappelle combien le groupe sait écrire des hymnes fédérateurs, ou « Train », final rugueux, qui laisse l’auditeur avec l’impression d’avoir vécu un moment rare.

Ce live est aussi une démonstration collective avec Emil Balsgaard, maître des claviers vintage, qui colore chaque morceau de Rhodes, de Wurlitzer ou de Mellotron, avec Kasper Wagner et Peter W. Kehl qui forment une section de cuivres d’une précision chirurgicale, et enfin avec Søren Bøjgaard et Martin Seidelin qui assurent une rythmique solide, souple, irrésistible.  

« Live At Hotel Cecil » est la preuve que Thorbjørn Risager & The Black Tornado sont aujourd’hui au sommet de leur art. Un groupe qui respecte la tradition du blues tout en la propulsant dans une modernité vibrante, cinématographique, profondément humaine. Pour les amateurs de blues, de soul, de roots rock, pour ceux qui aiment les concerts où l’on sort plus léger qu’en entrant, cet album est un incontournable. 

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