Music house

(Navy House Productions – 2026)  

Durée 47’00 – 11 Titres 

https://www.jenigrouws.com

Blues, soul et racines américaines sont trois piliers que Jeni Grouws ne se contente pas d’honorer pour au contraire s’attacher à les réinventer avec une sincérité désarmante. Après presque dix ans à la tête de l’Avey Grouws Band, formation saluée par le Billboard pour son groove et sa profondeur, la chanteuse franchit une étape décisive avec « Music House », son premier album solo. Ce disque, enregistré à Nashville sous la houlette du producteur Casey Wasner, connu pour son travail avec Keb’ Mo’ et Robben Ford, est bien plus qu’une collection de chansons, c’est une maison sonore où chaque pièce résonne d’émotion, de vécu et de lumière.

Jeni Grouws possède cette rare capacité à faire vibrer la frontière entre puissance et tendresse. Sa voix, ample et chaude, évoque les grandes figures du blues féminin tout en gardant une modernité franche, presque pop dans sa clarté. Les critiques ne s’y trompent pas et évoquent une âme profondément enracinée, une interprète capable de livrer aussi bien des rocks solides que des ballades pleines de cœur, etc. Grouws ne joue pas un rôle, elle vit chaque mot, chaque note, avec une intensité qui transforme la scène en confession.

Dès « Runnin’ Ragged », le ton est donné avec un riff nerveux, une batterie qui claque, et cette voix qui s’impose comme une évidence. Puis viennent les nuances avec « Burning For You » et « Show Me That You Love Me » qui explorent la passion et la vulnérabilité avec une élégance rare. « Old Dive Bar » et « Fool » plongent dans un univers plus roots, où les guitares de Johnny Duke et de Drew Smithers, du Marcus King Band, tissent des textures pleines de poussière et de chaleur.

Mais c’est dans « Heartbreak And Misery » que Grouws atteint le sommet émotionnel avec une ballade déchirante où la douleur devient beauté pure, portée par les cordes d’Anne Harris et les cuivres d’Emmanuel Echem du Tedeschi Trucks Band.

Ce qui distingue « Music House », c’est son équilibre entre maîtrise et abandon. Chaque morceau semble construit pour accueillir l’auditeur, comme une pièce où l’on s’assoit pour écouter la pluie tomber. Les arrangements de Wasner sont subtils, jamais démonstratifs, laissant la voix de Grouws respirer et raconter. On y retrouve l’esprit du Sud, mais aussi une universalité, celle d’une femme qui chante pour tous ceux qui cherchent un abri dans la musique.

Avec ce premier album personnel, Jeni Grouws signe un disque lumineux, à la fois intime et fédérateur. Elle y affirme sa place parmi les grandes voix du blues contemporain, tout en ouvrant une porte vers un avenir où les racines américaines se mêlent à une sensibilité moderne. Un album à écouter comme on entre dans une maison, avec respect, curiosité et le cœur grand ouvert.

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