Out of our system
(Hot Puma Records – 2026)
Durée 51’17 – 14 Titres
https://www.facebook.com/TheWilliamPears
Né à Paris en 1992, William Pears s’est imposé comme l’un des groupes les plus singuliers de l’indie pop française. A l’origine du projet, trois musiciens dont l’alchimie va immédiatement définir une signature sonore, Thierry Dubois au chant et aux guitares, Marc Pontet à la basse et Pierre‑Gildas Pérot aux guitares. Rapidement, Eric Phélippeau rejoint l’aventure à la batterie, complétant une formation soudée, mélodique, et résolument tournée vers l’international.
Le groupe se fait remarquer dès ses débuts. Leur premier EP de 1993, « From A Chocolate Box », décroche trois clés dans Télérama et le titre de single du mois dans Best Magazine. Une entrée en matière qui les propulse sur le label Le Village Vert, aux côtés d’Autour de Lucie, et qui ouvre la voie à un premier album ambitieux, « Elephant In China Shop ». Leur indie pop lumineuse, nourrie de guitares cristallines et d’un sens aigu de la mélodie, leur permet de partager la scène avec The Cranberries, The Boo Radleys, World Party ou encore Marc Almond.
En 1996, le groupe surprend en adoptant des textes en français. Ce virage donnera naissance à « Déçu par l’an 2000 », sorti en 1999 chez XIII Bis. Paradoxalement, c’est aussi à ce moment que leur carrière s’ouvre à l’international avec des concerts aux festivals Poptopia et IPO à Los Angeles, mais aussi des sorties d’albums aux Etats‑Unis et au Japon.
Après une performance remarquée au mythique Cavern Club de Liverpool en 2005, le groupe choisit de faire une pause. Une parenthèse longue… jusqu’à ce qu’un trésor oublié refasse surface. Vingt ans plus tard, les membres de William Pears remettent la main sur les bandes d’un album jamais sorti. Un troisième opus, enregistré à l’époque mais resté dans l’ombre. Plutôt que de le laisser dormir, ils décident de lui offrir une seconde vie. Le jeune réalisateur Roman Ditch se charge de le retravailler et de le remixer, tandis que Dominique Blanc‑Francard en assure le mastering. Le résultat, « Out Of Our System », devient un album qui sortira en octobre 2026, disponible en vinyle et en CD avec deux bonus.
Dès les premières minutes, on comprend que ce disque n’est pas un simple vestige du passé. C’est une œuvre qui a mûri, qui a gagné en profondeur, et qui porte en elle la patine du temps sans jamais sonner datée. Les guitares, toujours au cœur de l’identité du groupe, se font tantôt aériennes, tantôt nerveuses. La voix de Thierry Dubois, elle, semble avoir gagné en nuance, en grain, en vécu.
Le premier single, « Life For Second‑Hand Goods », dévoilé en juin, est une entrée en matière idéale, un titre à la fois mélancolique et entraînant, où la pop se teinte d’une légère ironie sur la valeur des choses et des sentiments recyclés. Le second single, « Pop Tears Anymore », présenté en septembre, joue davantage sur la tension et l’énergie, avec un refrain qui s’imprime immédiatement.
Ce qui frappe dans « Out Of Our System », c’est son équilibre. On y retrouve la fraîcheur des débuts, l’élégance mélodique des années Village Vert, mais aussi une maturité nouvelle. Les arrangements sont plus denses, les atmosphères plus travaillées, et l’ensemble dégage une cohérence rare pour un album ressuscité après deux décennies.
Le disque sonne comme une libération, peut‑être celle d’un groupe qui n’avait jamais vraiment dit son dernier mot. Et cette fois, l’histoire ne s’arrête pas là puisque l’intégrale de leur discographie est désormais disponible sur toutes les plateformes, offrant une porte d’entrée idéale à une nouvelle génération d’auditeurs.
« Out Of Our System » est bien plus qu’un album retrouvé, c’est un chapitre qui manquait à l’histoire de William Pears, un pont entre leur passé indie pop et leur présent retrouvé. En 2026, le groupe reprend la route, les idées, les envies. Et à l’écoute de ce nouvel opus, on se dit que leur aventure n’a jamais vraiment cessé, elle attendait simplement le bon moment pour reprendre son cours.