Storms
(Tall And Mean Records – 2026)
Durée 47’06 – 12 Titres
https://www.facebook.com/TheHurricaneParty
Il existe des groupes qui se contentent d’un style, d’une couleur, d’un territoire musical bien balisé. Et puis il y a The Hurricane Party, formation de Richmond, Virginie, qui préfère les grands vents, les bourrasques créatives et les secousses sonores. Leur nom n’est pas une métaphore, c’est une véritable philosophie. Dans leur univers, tout bouge, tout se mélange, tout s’entrechoque… et tout finit par danser.
Né de musiciens aguerris et profondément ancrés dans la scène de Richmond, The Hurricane Party revendique une base blues solide, mais refuse obstinément de s’y enfermer. Le groupe avance comme une locomotive lancée à pleine vitesse, tirant derrière elle des wagons de funk, de rock, de boogie, de soul, de jazz fusion et même de gospel. Leur force, une polyvalence assumée, une énergie contagieuse et une capacité rare à faire bouger n’importe quel public, du plus curieux au plus blasé.
Sur scène, la formation est un véritable organisme vivant. Les musiciens se connaissent, s’écoutent, se répondent. Les concerts deviennent des cérémonies électriques où la cohésion du groupe se transforme en déflagration collective. Très vite, les spectateurs cessent de résister, les têtes bougent, les pieds tapent, les corps se lèvent. The Hurricane Party ne joue pas seulement des chansons, ils déclenchent un phénomène.
Le groupe est porté par une équipe soudée composée de Frank Jackson aux guitare, Kelli Strawbridge à la batterie, Rocky Pleasants au chant, Jenny “Buttafly” Vazquez Santamaria au chant, Jared Bookbinder aux claviers et Seth Morrissey à la basse. A eux six, ils forment une véritable centrale énergétique, capable de passer d’un style à l’autre avec une aisance déconcertante.
Avec « Storms », leur deuxième opus, The Hurricane Party signe un album qui ressemble à une carte météorologique en pleine crise, bourrasques funk, averses rock, éclaircies soul, turbulences jazz… et un ciel toujours chargé d’électricité. Douze titres, dix originaux et deux reprises, pour un voyage musical aussi cohérent qu’audacieux.
L’album s’ouvre avec « Get Down », un morceau qui donne immédiatement le ton. Groove massif, cuivres en fête, voix incandescentes, c’est une invitation à lâcher prise. Le titre est taillé pour devenir un classique des concerts du groupe, porté par une énergie jubilatoire et une section rythmique imparable.
Le disque poursuit avec des ambiances plus rugueuses, notamment « No One Has A Father », où la guitare de Frank Jackson crache une colère contenue, et « All Gone », morceau blues rock qui évoque autant la nostalgie que la puissance brute. On y retrouve cette capacité du groupe à transformer une idée simple en un morceau vibrant, habité.
Parmi les moments forts, « Throwin’ Good Love After Bad » se distingue par son élégance nu-jazz et la présence exceptionnelle du légendaire batteur Bernard Purdie, dont la signature rythmique apporte une profondeur rare. Le morceau est également sublimé par les harmonies vocales de Buttafly, véritable moteur émotionnel de l’album.
Autre hommage notable avec « Expansions », reprise du maître du cosmic funk, Lonnie Liston Smith, enregistrée en une seule prise. Le résultat est hypnotique, organique, presque mystique. Impossible également de passer à côté de « Seltzer », brûlot rock aux accents metal, aussi drôle que percutant. Le groupe y montre qu’il sait s’amuser, surprendre et casser les codes sans jamais perdre son identité. Et la reprise de Frank Zappa, « My Guitar Wants To Kill Your Mama », est un autre moment de bravoure avec une déferlante de guitare, un clin d’œil assumé, un hommage sans compromis.
L’album se clôt avec « Storms », morceau gospel moderne où les voix prennent une dimension presque spirituelle. L’intervention de Sam Reed apporte une chaleur supplémentaire, et l’orgue de Jared Bookbinder enveloppe le tout d’une douceur profonde. C’est une fin majestueuse, un message d’espoir, une respiration après le tumulte.
« Storms » est un disque généreux, ambitieux, multiple. Il capture l’essence de The Hurricane Party, un groupe qui refuse la stagnation, qui célèbre la diversité, qui joue avec passion et qui transforme chaque chanson en expérience. On y trouve des grooves irrésistibles, des solos brûlants, des voix habitées, des invités prestigieux et une production soignée.
C’est un album qui vit, qui respire, qui danse. Un album qui confirme que, dans la tempête du temps qui passe, The Hurricane Party est bien décidé à faire la fête encore longtemps.