BOB CORRITORE’S ALL-STAR BIRTHDAY BLUES BASH!

BOB CORRITORE’S ALL-STAR BIRTHDAY BLUES BASH!
THE RHYTHM ROOM – PHOENIX (ARIZONA)
Le 25 septembre 2026

https://bobcorritore.com
https://rhythmroom.com

Il y a des rendez-vous qui dépassent largement le simple cadre d’un concert. Des soirées où la musique n’est finalement qu’un prétexte pour célébrer l’amitié, la fidélité et ces liens tissés au fil des décennies autour d’une passion commune. Deux ans après une mémorable fête qui célébrait à la fois les 68 ans de Bob Corritore et les 33 années d’existence du Rhythm Room, nous voici de retour dans l’antre mythique de Phoenix pour un nouveau jubilé. Cette fois, les chiffres ont une saveur particulière : les 70 ans de Bob Corritore et les 35 ans d’un club devenu une véritable institution du blues mondial.

L’ambiance est pourtant teintée d’une légère émotion. Dans quelques mois, en mai prochain, le Rhythm Room fermera définitivement ses portes, mettant un terme à une aventure humaine et musicale exceptionnelle. Depuis 1991, la salle aura accueilli plusieurs générations d’artistes et servi de refuge à tous les amoureux du blues de passage dans l’Arizona. Une histoire immense qui mérite bien une dernière série de célébrations.

Comme en 2024, les visages familiers sont nombreux dès l’ouverture des portes. Musiciens, amis, habitués et voyageurs venus parfois de très loin se retrouvent autour du bar, échangent des souvenirs et évoquent les concerts inoubliables vécus entre ces murs. Mais un nom revient régulièrement dans les conversations : celui de Bob Margolin. Présent lors de la précédente édition, l’ancien guitariste de Muddy Waters avait alors effectué ce qui allait devenir l’un de ses derniers grands déplacements. Fidèle à la décision prise peu après cette soirée historique, il a depuis choisi de ranger définitivement ses valises et de profiter d’une retraite bien méritée. Son absence est ressentie par tous, mais chacun respecte ce choix avec affection et gratitude. Pour reprendre le flambeau, Bob Corritore a fait appel à un autre monument du Chicago Blues, le remarquable Billy Flynn. Guitariste raffiné, styliste reconnu et compagnon de route de tant de grandes figures du blues, il apporte immédiatement sa touche élégante à une formation qui ressemble plus que jamais à une équipe de rêve.

A 20 heures précises, les lumières s’adoucissent et Bob Corritore apparaît sous une longue ovation. Le sourire est immense, l’émotion palpable. Autour de lui, on retrouve Anthony Geraci au piano, Bob Stroger à la basse, Wes Starr à la batterie, Jimi « Primetime » Smith et Billy Flynn aux guitares. Dès les premières mesures d’un instrumental vigoureux, le ton est donné : pas de nostalgie excessive ce soir, mais une véritable célébration de la vie.

Chaque musicien mérite d’ailleurs un mot tant la qualité du plateau force l’admiration. A l’harmonica, Bob Corritore demeure l’un des plus grands ambassadeurs contemporains du blues traditionnel. Son jeu respire toujours autant l’authenticité et sa générosité rayonne sur toute la salle. Au piano, Anthony Geraci continue d’enchanter par son toucher élégant. Capable de passer du boogie le plus incendiaire à la ballade la plus subtile, il demeure l’une des pierres angulaires de cette musique.

A la basse, Bob Stroger, désormais légende vivante du blues, impressionne encore par sa présence. Son sourire, sa bienveillance et cette voix patinée par le temps suffisent à illuminer n’importe quelle scène. Derrière les fûts, Wes Starr assure avec la même précision redoutable. Toujours au service du groove, il demeure ce batteur discret mais indispensable qui fait respirer l’ensemble.

A la guitare et au chant, Jimi « Primetime » Smith apporte son énergie communicative et son sens inné du spectacle. Chaque intervention déclenche sourires et applaudissements. Enfin, Billy Flynn s’impose naturellement dans un rôle délicat. Sans chercher à remplacer qui que ce soit, il apporte sa propre personnalité, toute en finesse, en intelligence musicale et en respect de la tradition.

La soirée se poursuit avec les interventions successives de Carla Denise, Oscar Wilson, Tia Carroll et Willie Buck. Chacun retrouve naturellement sa place dans cette grande réunion de famille. Carla Denise séduit toujours autant par sa chaleur et sa proximité avec le public. Oscar Wilson apporte son élégance et ce mélange unique de puissance et de sensibilité qui caractérise chacune de ses prestations. Tia Carroll transforme immédiatement la salle en piste de danse grâce à son charisme irrésistible. Quant à Willie Buck, il rappelle avec une classe intemporelle que le Chicago Blues le plus authentique demeure une valeur sûre.

Lorsque le public entonne un vibrant « Happy Birthday » pour les 70 ans de Bob Corritore, les applaudissements prennent une dimension particulière. Ils saluent bien sûr l’homme, le musicien et le passeur passionné qu’il est depuis un demi-siècle, mais ils rendent également hommage à l’œuvre de toute une vie : celle d’avoir fait du Rhythm Room l’un des sanctuaires du blues les plus respectés des États-Unis. Puis les dernières notes s’évanouissent et les conversations reprennent autour du bar, chacun sait qu’il vient d’assister à quelque chose de précieux. Une célébration d’anniversaire, bien sûr. Un hommage à une salle légendaire également. Mais surtout une démonstration éclatante que le blues reste avant tout une histoire d’amitié, de transmission et de fidélité.

Dans quelques mois, le rideau tombera définitivement sur le Rhythm Room. Pourtant, en voyant tous ces artistes réunis autour de Bob Corritore pour souffler ses 70 bougies et célébrer les 35 ans du club, une évidence s’impose : les murs disparaîtront peut-être, mais l’esprit du lieu continuera longtemps de vivre dans le cœur de ceux qui ont eu la chance de franchir sa porte.

Fred Delforge – septembre 2026

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