The Cure
(Wicked Cool Records – 2026)
Durée 37’30 – 11 Titres
Honeybear, The Band est né d’une histoire humaine déjà longue, patinée par les kilomètres, les scènes partagées et les amitiés indéfectibles. Basé à Vancouver, ce quatuor vintage soul, blues & roots s’est formé en 2023, mais ses membres jouent ensemble depuis des décennies, croisant leurs routes sur les tournées canadiennes, le long de la côte Ouest et bien au-delà. Une fraternité musicale qui s’est révélée essentielle lorsque la pandémie a réduit le monde au silence puisque les quatre amis ont alors continué à jouer dehors, dans les parcs, alimentant leurs amplis avec des batteries de moto bricolées, simplement pour préserver cette joie brute de faire vivre la musique ensemble.
Cette énergie, cette authenticité, cette manière de puiser dans les racines américaines pour en extraire une soul moderne et habitée, ont rapidement attiré l’attention. Leur premier album, « I Was Wrong », sorti en 2025 sur leur propre label Playmor, a dépassé les neuf millions de streams et s’est imposé sur plusieurs playlists éditoriales majeures de Spotify, tout en installant Honeybear comme l’un des nouveaux visages du revival soul-blues contemporain . Les festivals ne s’y sont pas trompés et le groupe a joué à Rifflandia, Barnside Harvest Fest, Vancouver Jazz Festival, Calgary Blues Fest, Kitchener Blues Fest, Wapiti, Starbelly… la liste s’allonge, tout comme celle des clubs où le groupe affiche désormais complet, du Horseshoe à Toronto au Rainbow d’Ottawa.
Les distinctions suivent, nomination aux Blues Music Awards de la Blues Foundation, reconnaissance du WCMA, mention dans le Vancouver Sun parmi les « 10 Artists to Watch in 2026 », et sacre du « New Discovery of the Year » par Roots Music Canada . Honeybear n’est plus seulement une belle histoire, c’est une évidence.
Avec The Cure, paru début septembre, Honeybear franchit une nouvelle étape. Si « I Was Wrong » révélait un groupe habité par la nostalgie et la chaleur analogique, ce nouvel opus affirme une maturité artistique éclatante. Les premiers singles, déjà en rotation sur CBC, NPR, CKUA et plusieurs radios indépendantes internationales, témoignent d’une ambition plus large, d’un son plus ample, sans jamais renier l’âme roots qui fait la signature du quatuor.
Ce qui séduit directement, c’est la cohésion. On sent des musiciens qui jouent ensemble depuis longtemps, qui respirent ensemble. Les grooves sont organiques, les guitares respirent le bois et la poussière, les voix portent une émotion sans fard. Honeybear ne cherche pas à moderniser artificiellement son héritage, il le vit, il l’incarne, il le transmet.
« The Cure » est un album de lumière. Non pas une lumière naïve, mais celle qui perce après les tempêtes, celle qui se mérite. On y entend les cicatrices, les doutes, les nuits sans sommeil, mais aussi la fraternité, la résilience, la joie retrouvée. Le groupe puise dans la soul vintage, le blues électrique, le gospel discret, le folk des grands espaces, et assemble le tout avec une élégance rare.
Parmi les temps forts, on apprécie les ballades soul où la voix se fait confession intime, rappelant les grandes heures de la soul sudiste, mais aussi les titres plus bluesy, nerveux, rugueux, où l’on retrouve cette énergie live qui a fait la réputation du groupe sur les scènes canadiennes, et enfin les morceaux roots, baignés de chaleur acoustique, qui évoquent les jams improvisés dans les parcs pendant la pandémie, ce moment fondateur qui continue de hanter positivement leur musique.
L’album est traversé par une idée simple mais puissante, la musique comme remède. Remède à l’isolement, à la peur, à la lassitude, mais aussi remède collectif, celui que l’on partage en concert, dans un bar, dans un festival, dans une voiture sur la route. Honeybear ne propose pas une cure miracle, il propose une cure humaine.
Honeybear, The Band s’impose aujourd’hui comme l’une des formations les plus attachantes et les plus authentiques de la scène soul-blues nord-américaine. « The Cure » confirme tout ce que leur histoire laissait présager, un groupe soudé, inspiré, profondément ancré dans les racines de la musique américaine, mais capable de parler au présent avec une sincérité désarmante.
Un album qui ne se contente pas de s’écouter puisqu’il accompagne, il réconforte, il rassemble. Et dans un monde qui en a bien besoin, c’est peut-être là son plus beau pouvoir.