My voice
(Ruf Records – 2026)
Durée 38’04 – 10 Titres
https://www.facebook.com/THELauraChavez
Figure respectée de la scène blues contemporaine, Laura Chavez s’est imposée au fil des années comme l’une des guitaristes les plus singulières et les plus recherchées du genre. Acclamée pour sa technique incendiaire, son sens du phrasé et une profondeur émotionnelle rare, elle a façonné sa réputation en collaborant avec une impressionnante constellation d’artistes, Deborah Coleman, Nikki Hill, Candye Kane, Dani Wilde, The Mannish Boys, Mike Ledbetter, Monster Mike Welch, Vanessa Collier, Casey Hensley ou encore Whitney Shay.
Longtemps pilier de projets collectifs, la guitariste a construit sa carrière dans l’ombre des micros, laissant sa guitare parler pour elle. Cette approche, à la fois humble et radicale, a nourri un style immédiatement reconnaissable, un mélange de blues, de soul et de R&B, porté par une expressivité qui transcende les mots. Son jeu, souvent décrit comme une extension directe de son identité artistique, lui a valu une place de choix parmi les guitaristes les plus influentes de sa génération.
En 2026, elle franchit une étape décisive avec « My Voice », son premier album solo, qui marque enfin son entrée au premier plan. Un projet attendu, mûri, et profondément personnel. Avec cet album, Laura Chavez signe un ouvrage instrumental qui porte bien son nom puisque ici, la guitare est la voix, le langage, l’émotion brute. Dix titres et une intention claire, raconter son histoire sans prononcer le moindre mot.
Dès l’ouverture, Laura Chavez frappe fort avec une relecture musclée de « Born On The Bayou », le classique de Creedence Clearwater Revival. Loin d’un simple hommage, elle en fait une véritable réappropriation avec un groove organique, une section rythmique solide, et un solo qui tranche comme une déclaration d’indépendance artistique. Le reste de l’album confirme cette volonté d’explorer un blues narratif, presque cinématographique.
Sur « Mind Your Step », elle joue avec la tension et la retenue, tandis que « Shot-Zee » dévoile une énergie plus nerveuse, presque rock. « Wanderer » étire le temps, laissant respirer chaque note, et « El Cascabel » apporte une touche de lumière et de virtuosité rythmique. La suite poursuit ce voyage avec une diversité assumée, « So Long Baby, Goodbye » s’amuse avec un swing vif, « Chinese Checkers » propose un jeu de motifs mélodiques presque ludiques, « Mamba Negra » plonge dans une ambiance plus sombre et hypnotique, « Napa Street » respire la nostalgie, et « La Llorona », enfin, clôt l’album sur une note poignante, entre tradition et modernité.
L’ensemble est porté par une production soignée, où chaque instrument trouve sa place. L’artiste, qui assure toutes les parties de guitare et la production, s’entoure de musiciens solides, notamment Léa Worms à l’orgue et au piano, Tomek Germann à la basse, et plusieurs batteurs selon les titres, pour créer un écrin cohérent et chaleureux.
« My Voice » n’est pas seulement un premier album solo, c’est l’opportunité pour Laura Chavez d’affirmer son identité artistique avec une assurance rare, prouvant qu’une guitare peut raconter des histoires aussi riches et nuancées qu’une voix humaine. Entre puissance, sensibilité et maîtrise, elle signe un disque qui s’adresse autant aux puristes du blues qu’aux amateurs de belles narrations musicales. Un album qui, sans un mot, dit tout.