Bring back silence to the sky

(Autoproduction – 2026)  

Durée 39’07 – 10 Titres 

https://www.facebook.com/alex.dolgov.bluesrock

Né à Kharkiv, au cœur d’une famille de médecins, Alexander Dolgov découvre très tôt que sa vocation ne se trouve pas dans les livres de biologie mais dans les vibrations d’une guitare. A dix ans, il pince ses premières cordes, et à douze, il monte sur scène pour défendre ses propres compositions, un geste fondateur qui scelle son rapport viscéral à la musique. Le blues ne sera pas un choix, il sera une évidence.

Au milieu des années 80, Dolgov fonde un groupe encore sans nom, bientôt baptisé Rain, formation qui deviendra l’un des vecteurs majeurs de son ascension. Rain s’impose rapidement sur les scènes d’Europe centrale. Repéré en 1989 à Poznań par le manager de Nocna Zmiana Bluesa, le groupe multiplie les festivals en Pologne, en Allemagne et en République Tchèque, gagnant une réputation de jeune formation à la fougue singulière.

En 1992, Rain se produit au festival Blues in Russia, partageant l’affiche avec les figures majeures du blues moscovite. Dolgov y est salué comme l’un des meilleurs jeunes guitaristes du pays, grâce à un jeu expressif, nerveux, immédiatement identifiable. L’année suivante, le groupe enregistre son premier album à Moscou, avant de participer au télé-festival international Stupen K Parnasu aux côtés de Big Brother & The Holding Company, Bonnie Tyler ou Paul Young.

Les années suivantes voient Dolgov collaborer avec des légendes comme Mick Taylor, Jerry Portnoy, et des musiciens liés à Eric Clapton. Cette reconnaissance culmine en 2017 lorsqu’il devient le seul artiste ukrainien intronisé au Blues Hall of Fame en tant que Great Blues Artist & Ambassador from Ukraine.

Aujourd’hui, Dolgov poursuit une carrière internationale, oscillant entre projets blues, rock, symphoniques ou patrimoniaux. Une trajectoire qui témoigne d’une curiosité intacte et d’une fidélité absolue à l’émotion brute du blues.

Sorti fin août, « Bring Back Silence To The Sky » s’inscrit dans la continuité de l’univers d’Alexander Dolgov avec un blues habité, profondément mélodique, où la guitare raconte autant que la voix. Mais cet album marque aussi une évolution en se voulant plus introspectif, plus atmosphérique, presque contemplatif par moments.

Dès les premières mesures, Dolgov installe une tension douce, un mélange de mélancolie et de détermination. Le titre évoque une volonté de retrouver un calme perdu, de rétablir une forme d’équilibre intérieur. On y entend un musicien qui, après des décennies de scène, regarde vers le haut, vers ce ciel qu’il voudrait apaiser.

La guitare, toujours au centre, est tantôt caressante, tantôt rugueuse. Dolgov y déploie ce toucher qui l’a rendu célèbre, un vibrato expressif, des attaques franches, une manière de laisser les notes respirer. Les influences sont là, Jeff Beck, Mick Taylor, Gary Moore, mais filtrées par une sensibilité profondément personnelle.

Les morceaux alternent entre blues-rock nerveux et ballades plus aériennes. On y retrouve des riffs ciselés, héritiers de ses années de scène avec Rain, des lignes vocales pleines de grain, parfois presque murmurées, et des atmosphères qui évoquent les routes européennes, les clubs enfumés, les rencontres avec les maîtres du blues.  

L’album semble fonctionner comme un carnet de voyage intérieur, Dolgov y revisite ses influences, ses doutes, ses certitudes, et surtout cette relation quasi mystique qu’il entretient avec la musique depuis l’enfance.

La production reste volontairement épurée, pas de surenchère, pas d’effets inutiles. Chaque instrument trouve sa place, chaque silence compte. Cette sobriété renforce le propos du disque, ramener le silence au ciel, c’est aussi laisser la musique respirer.

« Bring Back Silence To The Sky » n’est pas un album démonstratif. C’est un disque mature, profond, qui témoigne d’un artiste en pleine maîtrise de son langage qui rappelle une fois encore que le blues n’est pas un genre figé mais une manière de ressentir, de raconter, de survivre.

Pour les amateurs de guitare expressive, de blues authentique et de récits musicaux habités, cet album est une étape essentielle dans la discographie d’un artiste qui, depuis Kharkiv jusqu’aux scènes internationales, n’a jamais cessé de faire vibrer le ciel.

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