BLUES IN QUEYSSAC
VILLAGE – QUEYSSAC (24)
Les 3 et 4 juillet 2026
Le village de Queyssac, comme chaque année à cette époque, s’est transformé en cocon musical. Circulation coupée, la rue principale rendue aux piétons, verdure fraîche, rivière qui apaise, et une équipe de bénévoles qui a travaillé comme une ruche pour offrir un site chaleureux, vivant, carrément familial. Entre programmation exigeante, cadre bucolique, et restauration locale qui sent bon le terroir, cette édition a encore prouvé que Queyssac est un petit miracle de constance et de passion.




Vendredi 3 juillet 2026 :
C’est Tiger Rose qui ouvre la neuvième édition du festival avec une énergie brute, un mélange de folk-blues sauvage et de groove boisé qui a immédiatement happé le public. Leur set, porté par une voix habitée et des arrangements ciselés, a installé une atmosphère à la fois intime et vibrante. On a senti le groupe heureux d’être là, jouant avec la lumière déclinante, laissant les guitares raconter des histoires de poussière, de routes et de liberté. Une entrée en matière qui a posé le ton, Blues In Queyssac est encore un festival où l’émotion prime.





Nico Wayne Toussaint, en formation MiSSSippi Trio, a ensuite pris possession de la scène avec son habituelle intensité. Harmonica tranchant, voix chaude, sens du show, et cette manière unique de faire dialoguer Chicago et le Delta. Le trio a déroulé un set puissant, généreux, où chaque morceau semblait taillé pour la scène. Le public, conquis, a suivi les grooves, les breaks, les montées en tension, jusqu’à transformer le village en véritable juke joint à ciel ouvert.





Bernard Sellam a clôturé la première soirée avec une classe folle. Entouré de ses Boyz From The Hood en grande forme, il a livré un concert d’une précision redoutable, mélange de swing, de jump blues et de feeling old school. Le son était ample, chaleureux, les solos impeccables, et l’ambiance franchement festive. On a vu des danseurs, des sourires, des verres levés, et cette sensation rare d’assister à un concert qui rassemble toutes les générations. Une fin de soirée comme Queyssac les aime, élégante, joyeuse, irrésistible.





Le site tarde à se vider tant les artistes et les bénévoles ont une énorme envie de continuer à partager ces moments de convivialité mais à un moment il faudra bien se résoudre à aller se coucher car le programme de demain nous réserve encore de belles choses.
Samedi 4 juillet :
Amaury Faivre a ouvert la deuxième soirée avec un set d’une finesse remarquable. Son blues, délicat, ciselé, porté par une voix souple et une maîtrise instrumentale impressionnante, a enveloppé le public dans une bulle de douceur. Entre compositions sensibles et reprises subtilement réinventées, il a offert un moment suspendu, presque méditatif, où chaque note semblait pesée, pensée, offerte avec sincérité. Une respiration bienvenue avant les deux grosses machines qui allaient suivre.





Fred Chapellier, en trio, a ensuite envoyé un set massif, puissant, parfaitement calibré pour la scène. Guitare tranchante, groove solide, présence scénique incontestable, Fred Chapellier a rappelé pourquoi il est l’un des guitaristes les plus respectés de la scène blues française. Le trio a alterné moments de tension électrique et passages plus introspectifs, toujours avec une précision chirurgicale. Le public, chauffé à blanc, a répondu à chaque riff, chaque solo, chaque montée. Un concert qui a marqué les esprits.





Sweet Marta a refermé le festival avec une prestation explosive. Harmonica incandescent, voix pleine de caractère, présence scénique irrésistible, elle a littéralement retourné Queyssac. Les Blues Shakers, impeccables, ont servi un blues nerveux, dansant, gorgé de swing et de feeling. Le public, déjà conquis, s’est laissé embarquer dans un final festif, généreux, où la musique semblait déborder de la scène pour envahir tout le village. Une clôture magistrale, à l’image de cette neuvième édition.





Avant que les portes ne se referment, nous aurons droit à une jam plutôt sypathique avec, entre autres Ronan, parrain du festival, Julien Cormier, Freddy Miller, Amaury Faivre et Sib qui viendront nous interpréter, à leur manière, quelques standards du blues.


Blues in Queyssac a encore prouvé qu’il est bien plus qu’un festival, c’est un rendez‑vous humain, un lieu de transmission, un moment où la musique devient un langage commun. Grâce aux bénévoles, à la beauté du site, à la qualité de la programmation et à un public fidèle, cette édition 2026 restera comme un cru lumineux, chaleureux, profondément vivant. On repart avec des images, des sons, des sourires, et l’envie déjà de revenir pour la dixième.
Fred Delforge – juillet 2026